L'école, nouveau terrain de jeu des partis nationaux? Plusieurs informations du week-end laissent penser que les centrales politiques comptent empoigner le sujet. L'UDC met l'accent sur la maîtrise de la langue, tandis que PS et PDC investiront les campagnes cantonales sur le projet d'harmonisation scolaire HarmoS. Du côté des radicaux, c'est de Genève qu'émane une proposition de quotas sur les élèves non-francophones.

Soucieuse d'en finir avec le «principe romantique du multiculturalisme», l'UDC va exiger que les enfants ne parlant pas la langue régionale suivent des cours intensifs, indique le SonntagsBlick sur la base d'un papier de position dont il a eu connaissance. Les cours seraient financés par les pouvoirs publics pour une année: s'il fallait davantage de temps, ce serait à la charge des parents. Décrit par le parti comme une «mesure d'intégration», ce principe de «la langue avant l'école» conditionnerait le maintien ou non du permis de séjour pour les parents récalcitrants.

HarmoS désormais visé

L'UDC veut-elle déjà tourner la page de son initiative sur les naturalisations, dont le dernier sondage en date pronostique l'échec? C'est la deuxième fois en deux mois que le parti aborde une question scolaire. Le 25 mai, il a déclaré les hostilités au programme HarmoS, qui prévoit l'école dès quatre ans pour tous les enfants ainsi qu'une structure commune pour la scolarité obligatoire. Lors du vote, en mai 2006, l'UDC suisse avait pourtant recommandé le «oui» aux articles de la Constitution qui fondent le projet HarmoS.

Dénonçant à présent une forme de déresponsabilisation des parents, la formation compte attaquer HarmoS dans chaque canton, au fil de sa ratification par les parlements. Les référendums ont abouti en Thurgovie et à Lucerne, et plusieurs sont lancés, notamment dans le Jura.

La NZZ am Sonntag a indiqué à ce propos que la présidence du PS compte appuyer ses sections cantonales dans les batailles à venir: «La campagne ne devra pas être conduite uniquement au niveau des cantons», indique la conseillère nationale zurichoise Jacqueline Fehr. Quant au PDC, il annonce son soutien ferme à HarmoS ce lundi en conférence de presse.

Nul doute que les deux partis ont fait leurs calculs. Le résultat sans appel des articles sur la formation, plébiscités alors par 85,6% des votants, fait entrevoir aux stratèges une campagne qu'ils imaginent triomphale.

Quotas d'allophones?

A Genève, le député et conseiller national radical Hugues Hiltpold s'inquiète de la part d'élèves non francophones dans les classes, a-t-il indiqué dans LeMatin dimanche. Une trop grande proportion d'enfants mal équipés sur le plan de la langue complique l'enseignement et «compromet l'égalité des chances», explique-t-il.

Sa proposition, qu'il veut étendre au niveau national, consisterait à établir, dans chaque canton, une moyenne cantonale par classe, et à l'appliquer uniformément, avec pour objectif une proportion de trois ou quatre élèves ne parlant pas la langue locale par classe. «A Genève par exemple, les établissements scolaires ont la capacité de créer une à deux classes de plus», précise le député. Qui compte soumettre son idée non seulement dans son Grand Conseil, mais au National, durant la session qui s'ouvre ce lundi. Au pays du fédéralisme scolaire, une telle démarche au plan fédéral risque fort de ne rien donner de tangible, le Genevois s'en dit conscient: «C'est effectivement dans les cantons qu'il faut intervenir. Je veux juste que le débat ait lieu sur le plan national, pour que cette initiative en suscite dans d'autres cantons.» Parmi de nombreuses polémiques portant sur l'école et ses missions.