C'est la stupéfaction pour les treize étudiants de première année de l'Ecole d'infirmiers de Saint-Loup. Lundi 14 juillet, la direction de l'école leur a en effet signalé qu'ils ne pourraient pas poursuivre leur formation mise en place en automne 2002 dans le cadre de la HES-S2 (santé-social).

Fondée en 1842, l'institution des diaconesses de Saint-Loup s'était donné pour but de former des soignantes. En 1947, ce programme de formation fut reconnu par la Croix-Rouge et, dès 1956, il fut ouvert aux laïques. L'école actuelle, qui appartient à l'institution des diaconesses et dont les bâtiments ont été inaugurés en 1968, proposait il y a encore quelques jours deux types de formation: un programme de niveau II, créé en 1994, reconnu par la Croix-Rouge et formant des infirmières et des infirmiers généralistes; et une formation de niveau HES mise en place en 2002. C'est cette dernière qui est amenée à disparaître sur le site de Saint-Loup.

«Révolte et déception», voilà ce que ressent Joëlle, élève infirmière issue de la volée 2002/2003. L'annonce de cette nouvelle ne fait que confirmer «des rumeurs circulant déjà depuis quelque temps à ce sujet». Alors même que la décision fut prise le 10 juillet, la direction n'a pas jugé utile de prévenir les étudiants plus tôt, ceux-ci étant alors en période d'examens. Marianne Bahon, directrice de l'école, avoue que «cette décision n'a pas été prise de gaîté de cœur». Elle estime «regrettable que les exigences fédérales et cantonales n'aient pas laissé une chance à cette nouvelle formation».

Il s'agit ici d'une confrontation entre deux logiques bien distinctes. La direction de l'école condamne l'attitude de la Confédération et du canton de Vaud «à cause de leurs impératifs législatifs et budgétaires. Les conséquences, ce sont les étudiants qui les subissent car ils sont désormais obligés de trouver une autre école en Suisse romande qui serait en mesure de les accepter.» Les étudiants bénéficient à l'Ecole de Saint-Loup d'une formation particulièrement originale puisqu'elle est dispensée à un effectif réduit avec un suivi pédagogique personnalisé. Représentant le canton, Marie Maillefer, chef d'office adjoint aux HES santé-social, estime que «cette formation ne correspond pas aux critères HES car elle ne dispose pas de masse critique». En d'autres termes, la viabilité du système HES est proportionnelle au nombre d'étudiants inscrits dans la formation.

Ce coup dur pour l'institution des diaconesses de Saint-Loup pourrait être annonciateur d'autres moments difficiles: il est d'ores et déjà prévu que la formation de niveau II pourrait disparaître à l'automne 2005.