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La leçon de gymnastique

Pendant une semaine, un journaliste du Temps partage la vie d’un collège de l’Ouest lausannois, dans un quartier en mutation. Retrouvez les petits et grands enjeux d’un établissement scolaire accueillant des élèves de 7 à 12 ans, les témoignages et réflexions de ceux qui y enseignent ou y étudient

«Madâââme, y’a Florian qui shoote dans mes affaires!»

«Les vestiaires, c’est toujours le moment sympa...», soupire Marylina Sudan, qui s’y rend aussi sec. Une quarantaine de mômes dans une salle de gymnastique, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit.

Depuis le moment où ils sont entrés dans leur classe ce matin et celui où, tout matériel installé, ils ont véritablement commencé leur activité ici, il s’est écoulé 35 minutes, montre en main. Donc: une période de gymn isolée, il faut oublier tout de suite. Marylina Sudan et Christel Borlat ont logiquement regroupé leurs deux classes de 2e primaire pour leur offrir deux périodes consécutives d’activité physique. En théorie, les enfants en ont trois par semaine; dans la pratique, c’est plutôt deux.

Roulades sur tapis, perches, jeux de balle et de cerceaux, saut au tremplin... Au fond, les choses n’ont pas beaucoup changé depuis «mon» époque, me dis-je - et leur dis-je. Elles sont assez d’accord. Elles ont décidé de donner elles-mêmes la gymnastique, alors que d’autres collègues préfèrent déléguer cette activité stressante, et elles auront la visite d’une animatrice spécialisée pour leur donner de nouvelles idées.

Mais, si je peux me permettre, le problème est plutôt le suivant: déplacer les enfants, les faire se changer, installer et ranger une salle qui sent un peu le renfermé prend une bonne moitié du temps disponible, alors qu’il fait beau et doux dehors ce matin. Mens sana in corpore sano, c’est bien connu. Mais n’y aurait-il pas une réflexion à mener sur des façons plus novatrices de pratiquer un peu d’activité physique et de prise de conscience de son corps en début de chaque matinée, en classe ou dans un lieu facilement accessible? Ce qui n’empêcherait pas, à des intervalles plus espacés, de consacrer une vraie demi-journée à la piscine ou à la salle tout équipée.

C’est juste une idée...

«La gymnastique demande beaucoup d’énergie, disent conjointement Marylina Sudan et Christel Borlat. Il faut se faire entendre dans le brouhaha, surveiller les enfants qui ont un problème de comportement, prévenir les bobos et s’en occuper quand ils surviennent.»

Les enfants, eux, ne se posent pas de questions et s’en donnent à coeur joie. Ikhlas, voilée est venue pour la première fois à la gymnastique depuis la rentrée. «J’aimerais mieux qu’elle l’enlève pour les roulades», dit Marylina Sudan. Au moins, elle est là et s’amuse autant que les autres. Réagissez à ce billet sur le blog Paroles d’école

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