Bernard Koechlin, président de Zschokke

«Les propos de Lukas Mühlemann me semblent aller dans le bon sens. Comme lui, je suis navré de constater que la Suisse perd de jour en jour du terrain dans les différents secteurs économiques. Elle réagit trop lentement aux défis de la concurrence. L'exemple des télécoms est parlant à cet égard. Chacun se réjouit aujourd'hui, dans ce domaine, de l'offre concurrentielle et de ses effets bénéfiques sur les coûts. Mais il aurait fallu procéder plus rapidement. La méthode appliquée aux télécoms devrait l'être à d'autres services publics en veillant à introduire des organes de contrôle pour éviter toutes sortes d'abus. La concurrence, d'une façon générale, profite aux consommateurs. Le monopole que s'arroge encore Swissair ne me paraît pas judicieux. Je ne verrais pas d'inconvénients à ce que cette entreprise soit rachetée par une autre si cette transaction profite aux actionnaires et au public. La privatisation des CFF serait aussi une bonne chose. Elle contribuerait à résorber la dette de la Confédération. Je ne suis pas certain en revanche qu'il faille privatiser l'école. Mais là aussi, il ne faut pas craindre d'innover. L'Etat pourrait ainsi allouer aux parents une certaine somme d'argent couvrant les frais de scolarité, les parents étant libres de placer leurs enfants dans les établissements qu'ils jugeraient les meilleurs. L'effet de la concurrence, ici comme ailleurs, serait bénéfique car il libère du pouvoir d'achat qui peut être affecté aux loisirs ou aux prestations sociales. Il est important, par ailleurs, de ne pas décourager les jeunes de créer des entreprises en exigeant, par exemple, de leurs parents ou grands-parents qu'ils se portent garants des prêts consentis par les banques.»