Votations fédérales

L'«économie verte» oppose scientifiques et patrons de PME

Un comité scientifique appuie l'initiative. Les petits patrons la combattent

Les scientifiques d’un côté, les patrons de PME de l’autre. A quelques jours d’intervalle, deux comités aux vues opposées ont exposé leurs arguments pour et contre l’initiative «Pour une économie verte», objet de la votation du 25 septembre. On ne saurait mieux exprimer le dilemme que posent les deux parties de ce texte.

La première partie fixe les objectifs, à savoir une réduction d’environ deux tiers de l’empreinte écologique de la Suisse, et demande à la Confédération de faire le point de la situation tous les quatre ans. La seconde dresse une liste des mesures à prendre si les objectifs ne sont pas atteints d’ici à 2050: si les mots «recherche», «innovation» et «incitations fiscales positives» sont mentionnés, les expressions «taxe d’incitation» et «prescriptions» le sont aussi.

Prétendre que l’acceptation de l’initiative signifie contraintes, bureaucratie et rage réglementaire est dès lors malhonnête.

Pour les scientifiques, l’initiative ne serait pas contraignante. Membre du comité scientifique «Oui à l’économie verte», Peter Knoepfel, professeur honoraire de politiques publiques et de durabilité à l’Université de Lausanne, considère que seul le monitoring et les rapports de situation quadriennaux sont contraignants. «Le texte comprend certes une liste d’instruments possibles, mais en formulation potestative, c’est-à-dire non contraignante. Prétendre que l’acceptation de l’initiative signifie contraintes, bureaucratie et rage réglementaire est dès lors malhonnête», a-t-il déclaré.

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Lundi, plusieurs dirigeants de PME proches de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) ont présenté un point de vue totalement différent. Le directeur de l’USAM, Hans-Ulrich Bigler, parle de «poison pour nos PME». André Berdoz, membre du comité directeur de l’organisation et directeur d’Electro-Technique SA à Grandvaux, regrette que les auteurs de l’initiative ne prennent pas suffisamment en compte les efforts faits pour réduire leurs émissions de CO2, leur production de déchets ou améliorer leur efficacité énergétique, souvent en collaboration avec l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEc), qui aide plus de 3000 entreprises.

«Au lieu de reconnaître les succès obtenus grâce à la responsabilité individuelle, on tue ces valeurs pour les remplacer par la contrainte et la planification étatique. L’efficacité spontanée fait place à la bureaucratie», s’est-il étranglé lundi, en pointant du doigt les «exigences, taxes et redevances» mentionnées dans la seconde partie. Le sort de l’initiative le 25 septembre dépendra du poids donné à ses deux composantes.

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