Le Temps: Etes-vous surpris du succès de l'UDC à Saint-Gall?

Hans Hirter: Non, ce n'est pas une surprise si l'on considère la force actuelle du parti qui a recueilli près de 35% des voix, que ce soit aux élections nationales ou cantonales. On a pu voir que le PDC et les radicaux n'étaient pas vraiment prêts à collaborer entre eux. L'élu UDC n'a certes pas d'expérience politique mais il n'est pas un représentant de la ligne dure. Il était donc tout à fait éligible par d'autres voix que celles de l'UDCquelles que soient ses qualités. C'est comme s'il n'y avait rien à craindre de lui.

- L'UDC sort donc vainqueur de ce round d'élections depuis l'éviction de Christoph Blocher...

- Je crois qu'il faut faire quelques différenciations. Dans la plupart de ces cantons, à haute tendance conservatrice et relativement peu urbains, le parti est fort depuis longtemps. Son résultat n'est pas surprenant. Il est vrai que dans les cas de Saint-Gall et de Schwyz, l'UDC a mené une campagne de tonalité nationale, aussi parce que Christoph Blocher s'est engagé sur le terrain. Sa non-élection y est devenue un thème de campagne. Ce sont aussi des cantons où le parti est relativement neuf et où, jusqu'ici, il peinait à trouver des sujets qui intéressent au niveau local.

- Dans ces cantons, l'UDC reste donc très unie selon vous, malgré l'affaire Widmer-Schlumpf?

- Oui. La Thurgovie est un cas spécial car le parti y a une longue tradition. Mais ailleurs, je crois que le ton est donné. Beaucoup d'électeurs de Schwyz et de Saint-Gall ont voté UDC parce que c'est le parti de Christoph Blocher. Ils restent dans cette ligne.

- Peut-on parler d'une harmonisation entre scrutins nationaux et cantonaux?

- C'est possible mais à court terme. C'est encore très lié à Christoph Blocher, à son éviction et à sa personnalité. A plus long terme, je crois davantage en l'autonomie des cantons où les gouvernements sont attachés à la concordance. Cette tonalité nationale pour des élections cantonales n'est qu'un épisode. Après ces premiers rendez-vous, on peut constater que l'UDC conserve un fort pourcentage. Jene pense pas que le parti va encore beaucoup grimper car ce serait contre l'esprit suisse; par contre, il peut se montrer stable pendant cinq ou six ans. De futurs sujets de votation, comme la naturalisation ou l'élargissement des bilatérales, le touchent particulièrement et lui permettent de mobiliser. Même des scissions ne le mettraient pas en danger.