La Lega reste le premier parti à l’exécutif

Tessin Même s’il affiche de bons résultats, le PLR ne parvient pas à récupérer son second siège

A six mois des élections fédérales, les scrutins cantonaux sont suivis avec beaucoup d’attention. Après Zurich il y a une semaine, le Tessin élisait ce week-end son parlement et son gouvernement. Les résultats pour le Grand Conseil seront connus ce lundi.

Pour le Conseil d’Etat, la Lega et le PLR ont joué des coudes durant tout le dépouillement pour la place de premier parti du Tessin et surtout pour s’asseoir sur un second siège. Une seule chose était certaine: il n’y aura pas de femmes au gouvernement. Mais au bout du compte, le statu quo l’a emporté avec deux sièges pour la Lega, un pour le PLR, un pour le PS et un pour le PDC. Sont réélus: les quatre sortants Claudio Zali (Lega), Norman Gobbi (Lega), ­Paolo Beltraminelli (PDC) et Manuele Bertoli (PS). Le PLR Christian Vitta succédera à la conseillère d’Etat sortante Laura Sadis, qui ne se représentait pas. Economiste, chef du groupe PLR au Grand Conseil tessinois, Christian Vitta est né en 1972 à Locarno. Il était le favori pour remplacer Laura Sadis.

Déceptions à gauche

Si le statu quo l’emporte au final, le suspense aura duré de longues heures. Dès le début de la journée, à l’annonce des premiers résultats, la Lega semblait bien partie pour conserver ses deux sièges. Mais les résultats de Lugano et de sa banlieue ont remis les choses en question en fin de journée. La ville de Lugano a voté pour la Lega à hauteur de 30,6%, soit environ 5% de moins qu’en 2011. Elle a octroyé au PLR 26,5% des voix, 3,7% de plus qu’aux dernières élections. Dans d’autres communes avoisinantes comme Paradiso ou Sorengo, le PLR a été préféré à la Lega. Des projections de la télévision tessinoise TSI ont ensuite annoncé la victoire de la Lega, confirmée sur le coup des 21 heures.

Mais après le scrutin zurichois, le parti de Philipp Müller confirme néanmoins sa bonne santé dans un canton où le climat politique est beaucoup plus tendu. Le 9 février 2014, le Tessin a voté en faveur de l’initiative «Contre l’immigration de masse». Aux craintes face à l’afflux quotidien de frontaliers et à l’arrivée de migrants depuis l’Italie se sont ajoutées les menaces liées au franc fort. Soit autant de thèmes de prédilection pour un parti populiste qui bouscule depuis longtemps les partis traditionnels.

A gauche, Manuele Bertoli a certes été réélu. L’ambition du PS était d’ailleurs de conserver ce siège. Mais le parti perdrait des plumes. Quant aux Verts, qui soutenaient au Tessin l’initiative «Contre l’immigration de masse», ils restent exclus de l’exécutif.

A noter encore que la participation au scrutin a été beaucoup plus importante que la semaine dernière à Zurich, avec un taux de 68,7%.