politique

Législatives françaises: duel autour du siège suisse

Les Français de Suisse votent dimanche. Le candidat de La République en marche!, Joachim Son-Forget, et la sortante Claudine Schmid, des Républicains, partent favoris

Les Français de l’étranger se rendront aux urnes dimanche pour le premier tour des élections législatives. Soit une semaine avant le rendez-vous officiel du 11 juin en métropole. Quatorze prétendants se disputent le siège de député des Français de Suisse et du Liechtenstein à l’Assemblée nationale française, créé en 2012 seulement. Le candidat de La République en marche!, Joachim Son-Forget, et la députée de droite sortante, Claudine Schmid, font figure de favoris. Le duo s’affrontera probablement au second tour le 18 juin.

Soutenu par les Verts et les socialistes, le Genevois Jean Rossiaud, candidat de la gauche qui milite pour la transition écologique, a peu de chances de percer, selon les observateurs. De même pour Emmanuelle Boudet, de La France insoumise, et Jean-Claude Marchand, du Front national.

Première communauté française à l’étranger

Quelque 200 000 Français vivent en Suisse, dont 127 000 sont inscrits sur les listes électorales. A qui donneront-ils leur vote? Au premier tour des présidentielles, la plus grande communauté française hors du territoire avait plébiscité Emmanuel Macron au détriment de François Fillon (34% contre 31%). Une première dans un pays qui vote traditionnellement à droite. Alors que les sondages donnent La République en marche! en tête à l’échelle nationale avec 31% des intentions de vote, le même scénario pourrait se reproduire en Suisse.

Spectre de l’abstention

Le spectre d’une abstention massive plane sur l’élection. En 2012, seuls 22,4% des Français de Suisse s’étaient mobilisés au second tour. Cette année, un obstacle vient compliquer la participation. En raison du risque de cyberattaques, le vote électronique ne sera pas autorisé. Il y a cinq ans, plus de la moitié des votes avaient été réalisés en ligne. Le candidat de La République en marche!, radiologue et concertiste, s’est d’ailleurs engagé à tenter de réintroduire le vote électronique s’il est élu.

Claudine Schmid, candidate des Républicains, était arrivée en tête du premier tour il y a cinq ans, avec plus de 34% des suffrages. Depuis le 8 mai, la Zurichoise de 61 ans a entamé une campagne à travers la Suisse pour prendre le pouls des électeurs. Après ces meetings à Genève, Yverdon ou Lausanne, est-elle confiante ou inquiète? «Il y a trop d’incertitudes pour faire des pronostics, estime-t-elle. Une élection peut toujours basculer d’un côté ou d’un autre.»

La fiscalité comme enjeu majeur

Son objectif? Etre «l’interlocuteur de référence» pour les Français dans leurs interrogations quotidiennes. «La fiscalité mais aussi la question des résidences secondaires et la scolarisation, l’examen du bac par exemple, figurent en tête de leurs préoccupations, détaille l’élue. Il faut servir d’intermédiaire avec l’administration française pour faire avancer les dossiers personnels.» Sur la fiscalité, elle ajoute que les Français de Suisse ont beaucoup souffert de la taxation sur les revenus immobiliers instaurée par François Hollande en 2012. «Et là, Emmanuel Macron a annoncé qu’il voulait encore l’augmenter…»

Le quinquennat d’Emmanuel Macron s’annonce-t-il difficile? «Tout dépendra de la majorité à l’Assemblée. Quoi qu’il en soit, je ne serai pas dogmatique et voterai les textes qui correspondent aux intérêts des Français de Suisse et qui profitent au redressement en France.»

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