L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) ne soutient pas l’occupation de Saint-Laurent à Lausanne. Depuis dimanche, un collectif occupe la salle de paroisse pour protéger six migrants érythréens et éthiopiens. Une manifestation exigeant l’arrêt des renvois est prévue en fin d’après-midi.

«On est pris en otage par un collectif avec lequel on a déjà eu beaucoup de difficultés à collaborer. Cette fois, cela suffit: il n’aura pas la caution des églises pour son action», a expliqué mercredi Xavier Paillard, président du Conseil synodal, l’exécutif de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV).

L’église ne cherchera pas pour autant à faire évacuer les lieux de force: «On ne va pas porter plainte. Il est clair que nous ne voulons pas être à l’origine de l’arrestation de réfugiés, dont les conditions de vie sont déjà extrêmement fragiles», a-t-il ajouté.

L’église réitère son soutien aux requérants, rappelant notamment l’«énorme travail» de ses aumôneries auprès des centres d’accueil. «Ce que nous n’acceptons pas, ce sont les méthodes du collectif».

Les églises et les militants sont en contact «depuis longtemps» pour trouver des lieux d’accueil. «Ils n’ont pas voulu entrer en matière sur des propositions hors de Lausanne». Or à Lausanne, de nombreuses paroisses ont dit leur «profonde résistance» à collaborer avec le collectif. Mais pas à l’accueil des migrants, précise M. Paillard.

Pour le reste, le président du Conseil synodal rappelle que les revendications du collectif s’adressent aux autorités politiques, qui devront répondre. Les défenseurs des migrants demandent au Conseil d’Etat d’examiner leur demande d’asile et de suspendre tous les renvois, notamment vers l’Italie où ils jugent la situation catastrophique.

A l’appel du collectif, une manifestation de soutien au refuge est organisée en fin d’après-midi. Elle se tiendra devant l’église Saint-Laurent à Lausanne.