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Le vice-président de la Conférence des évêques suisses, Felix Gmür, a livré les dernières statistiques des dénonciations d’abus au sein de l’Eglise.
© Keystone / ENNIO LEANZA

Abus sexuels

L’Eglise renforce la procédure de dénonciation des abus

La Conférence des évêques suisses souhaite que chaque cas rapporté aux autorités ecclésiales soit systématiquement dénoncé auprès de la justice, indépendamment de la volonté des victimes

Lors d’une conférence de presse donnée à Saint-Gall, les évêques ont annoncé leur intention de renforcer les procédures de dénonciation des abus au sein de l’Eglise. Les cas passibles de poursuites devront être systématiquement rapportés aux autorités séculières par les autorités ecclésiales. Jusqu’ici, les victimes majeures étaient encouragées à déposer plainte, mais elles possédaient un droit de veto leur permettant de s’opposer à une dénonciation à la police. Or lorsqu’une affaire reste au sein de l’Eglise, «le danger de dissimulation est trop élevé. Les évêques n’ont pas les moyens que possède la police pour enquêter», a souligné l’évêque de Bâle Felix Gmür, vice-président de la Conférence des évêques suisses (CES).

Appel du pape à la transformation de l’Eglise

Cette annonce intervient alors que plusieurs affaires éclaboussent l’Eglise catholique. Aux Etats-Unis, un rapport de la justice a mis en lumière les abus commis durant des décennies par quelque 300 prêtres, qui ont fait au moins un millier de victimes. En France, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, ainsi que d’autres responsables religieux sont accusés d’avoir fermé les yeux sur des cas de violence. Leur procès pourrait se tenir en janvier prochain, selon la presse française. Le 20 août dernier, le pape François a adressé une lettre au «peuple de Dieu», dans laquelle il appelle l’institution catholique à se transformer pour lutter contre les abus sexuels.

Lire aussi: L’Eglise valaisanne s’interroge sur le sort de trois prêtres abuseurs octogénaires

Les dénonciations au sein de l’Eglise ont fortement augmenté en 2017 en Suisse aussi: selon les données de la CES, 65 cas ont été signalés, contre une moyenne de 17 cas chaque année entre 2011 et 2016. La majorité des actes concernés, datant d’avant 1990, sont prescrits. Sur 311 victimes recensées entre 2010 et 2017, une centaine d'entre elles étaient adultes au moment des faits, 116 avaient moins de 16 ans et, parmi elles, 83 étaient âgées de 12 ans ou moins. Les dénonciations portent sur des gestes à connotations sexuelles, avances, paroles déplacées, ou encore attouchements, ainsi que dix viols.

«Silence complice»

La médiatisation des affaires d’abus dans l’Eglise explique en partie la hausse des dénonciations enregistrée en 2017. Les incitations des autorités catholiques elles-mêmes ont également joué un rôle. Fin 2016, la CES a organisé une prière de pénitence pour les victimes dans la basilique de Valère, à Sion. Au cours de cette cérémonie, l’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Monseigneur Charles Morerod, a dénoncé les actes, mais aussi les «structures et certains modes de comportement et de pensée» au sein de l’Eglise, qui ont favorisé un «silence complice».

En 2010, un événement similaire avait également conduit à une hausse des dénonciations d’abus: lors d’une veillée de prière dans la chapelle de la vierge à Einsiedeln, les évêques avaient reconnu publiquement la responsabilité de l’Eglise dans la souffrance des personnes victimes d’abus sexuels dans le contexte ecclésial. Ils les avaient également appelées à s’annoncer. La même année, 115 cas avaient été dénoncés, un record.

Autre facteur qui a pu inciter les victimes d’abus à parler: le fonds de réparation constitué par la CES en 2016, doté de 500 000 francs. Il fait partie des mesures édictées depuis le début des années 2000 par les évêques dans le but de prévenir les abus.

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