Loin de transporter les seuls Genevois d’un quartier à l’autre, le Léman Express (dont le CEVA est la colonne vertébrale) sera avant tout un véritable réseau express régional. En 2020, 230 km de ligne relieront 45 gares suisses et françaises dans un rayon de 60 km. Nyon (VD), Bellegarde-sur-Valserine (Ain), Evian, la vallée de l’Arve et Annecy en Haute-Savoie seront ainsi desservis.

Cela implique une hausse drastique de l’offre ferroviaire en Haute-Savoie, département qui, à cet égard, souffre d’un manque récurrent de trains. «Il en faut 50% de plus si l’on veut assurer les dessertes toutes les 30 minutes avec des trains directs par exemple entre Annecy-Genève ou Evian-Genève. Le succès du Léman Express dépend de cela», souligne Claude Brasier, président de l’Association Rail Dauphiné Savoie Léman (ARDSL), qui défend les usagers du train.

Or la région Rhône-Alpes, dont l’une des compétences est de gérer le développement du rail, a tendance à supprimer des lignes en Haute-Savoie avec un réseau ferroviaire sous-utilisé (40% de trains en moins que dans les autres départements). L’ARDSL vient d’interpeller les candidats haut-savoyards aux élections régionales (premier tour ce 6 décembre) afin de savoir comment ils allaient promouvoir le développement du train. Six propositions majeures ont été soumises à ces candidats, de toutes les mouvances politiques, auxquelles ils ont répondu positivement, à l’exception du Front national, «opposé au tout ferroviaire».

«Ce sont certes des promesses électorales mais elles seront rendues publiques et nous saurons rappeler en temps voulu les engagements pris par chacun», indique Claude Brasier. La liste socialiste qui a représenté la Région lors du dernier comité de pilotage du Léman Express confirme que les cadencements seront respectés et que la future acquisition de 40 rames pour assurer les dessertes directes est actée.

A droite, on parle «d’impératif mais que la question des coûts devra être traitée globalement dans le cadre de renégociation des conventions entre la Région et la SNCF». Le financement de ces futurs trains demeure la réserve émise par les candidats. Car la diminution drastique des donations de l’Etat a grandement amputé le budget de la Région. Le centriste Eric Fournier, maire de Chamonix, demande donc à la SNCF de faire un effort en revoyant à la baisse ses coûts de production.