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La conseillère nationale Isabelle Moret (droite), et le président du PLR vaudois Frédéric Borloz (gauche), arrivent devant la cathédrale de Lausanne, le jeudi 10 août 2017.
© KEYSTONE/Laurent Gillieron

Stratégie

L'embrouillamini du PLR vaudois

La succession Burkhalter au Conseil fédéral tombe à un moment inopportun pour le PLR vaudois, usé par trois années électorales consécutives. Au risque, pour un parti à succès, de passer cette fois-ci pour amateur

En bon vaudois, on pourrait dire que ça fait chenil. L’annonce de la candidature d’Isabelle Moret au Conseil fédéral le 5 août a conclu un été agité au PLR Vaud. La comparaison avec celle de Pierre Maudet (avec sa communication huilée, son équipe de mercenaires de la politique et le plébiscite reçu dans son parti) est peu flatteuse pour la section vaudoise.

Lire aussi: Isabelle Moret, l’autre sensibilité

Pour la candidature d’Isabelle Moret, la rampe de lancement était cassée. Des observateurs et membres du PLR Vaud, qui souhaitent rester anonymes, expriment leur malaise: «Le PLR vaudois n’a pas très bien maîtrisé la gestion des candidatures en comparaison avec Genève», regrette l’un d’entre eux. Le conseiller national Laurent Wehrli (PLR/VD) n'est pas de cet avis: «D’aucuns peuvent retenir de cet été un sentiment de désorganisation. Pour ma part, j’y lis la richesse et la diversité du parti.» Mais des collègues enfoncent le clou: «Tout cela n’a pas donné une image excellente de la section PLR Vaud», dit l’un d’eux. «Résultat de cette désorganisation: il n’y a pas de dynamique autour de la candidature Moret», estime un autre.

Eviter de fâcher

Que s’est-il passé au PLR vaudois? Au moment de la démission de Didier Burkhalter, le 15 juin dernier, le parti sort de trois années électorales à succès. En 2015, aux élections fédérales, il gagne un siège au Conseil national et réussit à mettre en déroute la gauche au Conseil des Etats. Les communales suivent en 2016 puis les cantonales le printemps dernier avec trois sièges glanés au Grand Conseil vaudois et la réélection de ses trois conseillers d’Etat.

Le parti semble être devenu une machine à gagner. Mais ces échéances l’ont épuisé. A la veille de l’été, il fait par ailleurs face à des changements internes. Le secrétaire général du parti, Philippe Miauton, le seul à avoir l’expérience directe d’une élection au Conseil fédéral, vient de quitter ses fonctions. Le président du PLR Vaud, Frédéric Borloz, n’est pas dans les arcanes du parti fédéral et reste très discret sur la scène nationale.

Le 28 juin, en congrès à Aubonne, la section fixe les règles du jeu. «J’entends aujourd’hui des critiques. Mais j’ai voulu une procédure de candidatures ouverte. Nous sommes un grand parti, avec des personnalités, trois conseillers d’Etat. Je ne voulais pas que les choses se passent par-derrière», explique Frédéric Borloz.

Retrouvez tous nos articles sur la succession de Didier Burkhalter

Début juillet, lui-même se montre très prudent. Il parle de la course au Conseil fédéral comme d’une «machine à broyer des gens». La nouvelle secrétaire générale, Laurine Jobin, semble aussi vouloir calmer les ardeurs des papables dans un entretien donné à 24 heures le 19 juillet. Elle déclare: «Nos conseillers d’Etat viennent d’être réélus et ils doivent rester un moment pour mener leurs projets.» Aujourd’hui, elle parle d’un «avis personnel».

Car, trois jours plus tard, la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro laisse entendre qu’elle est candidate, suivie le soir même par le conseiller aux Etats Olivier Français, qui se met à disposition.

Soit on est candidat et on assume en parlant aux médias, soit on ne l’est pas, on le dit et ensuite on se tait

 Ces annonces sont suivies d’un grand silence, pour la première, et d’un devoir d’explication, pour le second, qui ont amplifié le sentiment de désorganisation. «Soit on est candidat et on assume en parlant aux médias, soit on ne l’est pas, on le dit et ensuite on se tait», observe un membre du parti.

Marmite sous pression

En contact «permanent» avec les candidats potentiels, le président Frédéric Borloz avoue avoir été surpris par la tension médiatique. «Je pourrais prendre l’image d’une marmite sous pression. J’avais au minimum 2 téléphones de journalistes par jour, parfois 6 à 7!»

Et il s’agit désormais pour lui de vendre la place d’un deuxième Vaudois au Conseil fédéral. Il convoque alors maladroitement la formule magique – qui décrit la répartition des sièges au gouvernement en termes de force électorale des partis – et tente de la réinterpréter pour plaider la nécessité d’un équilibre non seulement entre régions mais aussi entre genres.

La colle peine à prendre. «Si ce siège n’est pas romand, alors il est encore moins vaudois», dit un membre du parti. Laurent Wehrli réfute: «Nous n’avons pas à rougir de la candidature d’Isabelle Moret. Pour moi, il est aussi important pour le PLR de présenter une femme. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a qu’Isabelle Moret qui le propose.» Il souligne pour conclure, tout comme son président, que la campagne publique et médiatique des candidats au Conseil fédéral ne saurait préjuger des chances d’Isabelle Moret d’être sur le ticket du PLR, ni d’accéder à la fonction convoitée.

Dossier
Succession de Didier Burkhalter: l'élection d'Ignazio Cassis au Conseil fédéral

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