Avec la constitution d’une commission d’enquête commune à la Suisse et aux Emirats arabes unis (EAU) dans l’affaire des grenades suisses retrouvées en Syrie, le blocage des exportations d’armes ne se justifie plus, estime le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Les autorisations déjà octroyées pourront être honorées, il s’agit d’une vingtaine de contrats pour un montant de 60 millions de francs, mais les demandes en cours restent suspendues.

Pour la Suisse, l’attitude coopérative des EAU justifie la levée du blocage, dit-on au Seco.

Même si des incertitudes demeurent quant au lieu de découverte des grenades, celles qui figurent sur les photos publiées par la presse proviennent bien d’une livraison aux EAU en 2003, reconnaît aujourd’hui le Seco. A l’époque, 225 162 grenades à main avaient été livrées à l’armée des Emirats, «dont le commandement avait signé une déclaration de non-réexportation».

La commission d’enquête, dans laquelle figurent des représentants du Seco et des spécialistes de l’administration de la Défense, s’est déjà réunie à Abu Dhabi pour étudier les documents et vérifier si les grenades ont bien été réexportées. Reste à savoir si la Suisse devra se satisfaire des mêmes explications que dans l’affaire des munitions suisses fournies au Qatar et retrouvées en Libye: «une erreur dans la logistique militaire».

Mais la reprise des contrats en cours soulage manifestement Pilatus qui pourra finir d’honorer son contrat et recevoir les importants montants que les EAU lui doivent. En 2009, Pilatus avait reçu une commande de 25 avions d’entraînement PC-21 pour un prix de 500 millions. Les appareils ont été livrés, mais il reste encore à fournir les simulateurs de vols, des pièces détachées de même que des services d’entretien.