Le Temps: Avec le départ d'Ernst Hafen, la pression des professeurs atteint son but. Et vous êtes désavoué dans votre choix. Un échec?

Alexander Zehnder: Je ne parlerais pas d'échec. Il est malheureux que l'affaire se termine ainsi. Mais comme dans un divorce, l'entente et un dialogue constructif sont parfois impossibles. Les professeurs sont l'EPF, il faut respecter leur opinion. Ce sont des gens indépendants avec lesquels il n'est pas toujours facile de traiter et qui, c'est légitime, veulent aussi être consultés.

- Les reproches adressés concernent aussi une stratégie toujours plus orientée vers la rentabilité et l'aura de l'Ecole...

- Il y a peut-être un malentendu.

Les EPF ont le devoir d'assurer une recherche de pointe et l'éducation. Mais les EPF ont aussi celui de servir la société et de s'informer des besoins de l'industrie. Ce qui n'implique pas que les EPF sont au service du privé. Il s'agit de dialoguer pour mieux percevoir les besoins de cette société qui nous finance.

- Un professeur, repris par un journal alémanique, a parlé du pouvoir des Romands, soutenus par Pascal Couchepin et Charles Kleiber, face à l'EPFZ affaiblie. Une crainte fondée?

- Zurich a longtemps été la seule école polytechnique en Suisse. Mais la petite sœur romande a grandi et attire de plus en plus les regards intéressés. Cela peut inquiéter Zurich et cette crainte se reflète peut-être un peu dans ces déclarations. Mais je pense que le développement de l'EPFL est stimulant pour les deux Ecoles et pour le pays tout entier.