Le coup de force de la Verte Marie Garnier suscite déjà des attentes à Fribourg. Première Verte au Conseil d’Etat, elle a permis à la gauche d’y décrocher dimanche un troisième siège. Consensuels durant leur campagne, elle et le libéral-radical Maurice Ropraz – l’autre nouvel élu – sont attendus sur les questions d’environnement, d’aménagement, de mobilité, de fusions de communes et de fiscalité. Tous les partis l’expriment au lendemain de l’élection.

Davantage d’écoute

Sur tous ces sujets, Marie Garnier est très attendue. Les Verts fondent beaucoup d’espoirs sur elle: «Le Conseil d’Etat sera obligé de s’investir dans la protection de l’environnement et dans une politique plus durable», estime leur président, Marc Antoine Messer.

L’arrivée de la directrice du centre Pro Natura de Champ-Pittet réjouit aussi les associations écologiques. «Nous avons une position apolitique, mais Marie Garnier pourra faciliter les discussions dans le domaine de l’environnement, avec davantage d’écoute», estime Nicole Camponovo, secrétaire régionale du WWF à Fribourg. Les écologistes attendent ainsi la réduction des autorisations exceptionnelles de répandre du purin, à l’origine de pollutions répétées des cours d’eau du canton.

A gauche comme à droite, un constat revient. L’indépendant Pascal Corminboeuf n’avait de comptes à rendre à personne. Par contre, Marie Garnier «doit son succès à l’alliance de gauche, et nettement au soutien du Parti socialiste», selon Xavier Ganioz, vice-président du PS et candidat malheureux au Conseil d’Etat. «Nous attendons d’elle une vision très sociale, même si sa marge de manœuvre sera restreinte.»

Un scénario probable est que Marie Garnier reprenne la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF), avec le ­dossier de la péréquation intercommunale et des fusions de communes. Tous les partis y voient la solution pour cadrer l’aménagement du territoire et la mobilité. «Marie Garnier est issue de l’exécutif de Villars-sur-Glâne. Elle sait que les agglomérations ont des besoins supplémentaires», ajoute Xavier Ganioz.

Le préfet de la sécurité

De l’avis général, c’est un dossier que pourrait aussi empoigner Maurice Ropraz, «car tous deux ont la capacité de faire la balance entre les différents intérêts», s’enthousiasme l’ancienne conseillère nationale Thérèse Meyer Kaelin, coprésidente du PDC fribourgeois. Comme préfet de la Gruyère, Maurice Ropraz a poussé ses communes à se marier. Leur nombre est passé de 41 à 26 en dix ans. «Il faut le laisser se mettre en place. Je ne veux pas prioriser», temporise Jean-Pierre Thürler, président des libéraux-radicaux.

Maurice Ropraz est attendu sur le dossier de la sécurité. Le PS n’a pas apprécié sa campagne: «Il faut de la prévention, avant le tout sécuritaire», commente Xavier Ganioz. Par contre l’UDC se réjouit, à l’instar du député Stéphane Peiry: «Il a été un préfet avec une attitude stricte. Il est venu à bout du trafic de drogue à Bulle.»

Dans le domaine fiscal, la gauche veut des investissements, la droite des baisses d’impôts. Mais les partis attendent le programme de législature en 2012 pour être plus précis.