Un franchissement symbolique. Désormais, le campus lausannois s'étendra au sud de la route du Lac. Mardi, autorités locales et direction de l'EPFL ont ouvert le chantier de l'hôtel dédié aux visiteurs, un projet porté par René de Picciotto. Celui-ci préside le Lausanne Palace et exploite le Château d'Ouchy (lire ci-contre) ainsi que plusieurs hôtels en France et en Suisse, dont le Crowne Plaza à Genève. Jouxtant le futur hôtel, la construction de logements d'étudiants a aussi commencé.

Le «Starling Hotel at EPFL» s'étendra sur trois bâtiments assez plats ainsi qu'un petit volume pour séminaires, contrainte fixée pour ne pas boucher l'horizon du Learning Center, qui se construit à quelques mètres (LT du 06.10.2008). Estampillée quatre étoiles, l'infrastructure comprendra 154 chambres et suites, à un prix moyen de 200 francs la nuit. A l'inverse des standards des grandes chaînes hôtelières, qui avaient participé au concours, la nouvelle installation aura valeur de «prototype», assure l'architecte Jean-Baptiste Ferrari, par exemple dans l'usage des technologies ou l'aménagement du hall d'accueil. Les bâtisses seront reliées au site du «Poly» par un passage creusé sous la route cantonale.

«Pas sur la formation»

Un hôtel uniquement pour un campus - on n'imagine mal des touristes venir là -, la démarche comprend «une dose d'incertitude», convient René de Picciotto. Il mise sur «un minimum de fréquentation dû à cet environnement, qui ne pourra qu'augmenter». Le président de l'EPFL, Patrick Aebischer, juge d'ailleurs «nécessaire de pouvoir loger nos scientifiques». Vice-président à la planification et la logistique, Francis-Luc Perret précise que le plan financier de l'hôtel, qui devrait s'ouvrir en janvier 2010, «permet de garder l'argent de la Confédération pour la formation et la recherche».

Car pour ses aménagements, le «Poly» fait construire et exploiter, se bornant à mettre les terrains à disposition. KFL, la société de René de Picciotto, investit 36 millions de francs, dont 60% prêtés par la BCV.

Les logements, eux, coûteront 33millions, et un centre de congrès, 132 millions. De tels montages financiers font s'ébahir le municipal (exécutif) lausannois Olivier Français. Il indique que la Ville «copie ces partenariats particuliers», notamment pour l'Hôtel de Beaulieu et l'AquaEcopôle, musée de l'eau douce envisagé à Vennes.