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L’EPFL helvétise son logo

Lançant les festivités de ses 50 ans, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne change son visuel. En le rendant bien confédéral

Longtemps, Patrick Aebischer a rêvé de changer le nom de l’EPFL, qu’il jugeait trop long («une lettre de trop!») et difficile à faire rayonner dans l’aire anglo-saxonne. Mais il n’a pas pu bousculer le poids des ans et des traditions. Martin Vetterli, son successeur, modifie le logo… en affirmant encore plus haut et fort les quatre lettres d’EPFL.

Ouvrant les festivités de son 50e anniversaire, l’institution a dévoilé ce lundi sa nouvelle identité visuelle, conçue avec l’agence lausannoise Moser Design, spécialisée dans les identités de marques et les signalisations. La démarche a été précédée par un sondage auprès de la communauté de l’école et du grand public, qui a glané 20 000 avis.

A propos de l’institution depuis ses débuts: 150 ans d’histoire: comment l’EPFL est devenue le génie polytechnique d’une région

Une lecture politique est aussi possible

Dans son annonce, le président de l’EPFL Martin Vetterli indique que «nous voulions incarner une jeune école suisse, à la fois hautement dynamique, exploratoire et technologique, avec un rayonnement international. En somme, une start-up qui a grandi vite et qui passe à l’âge adulte.»

On peut faire une lecture plus politique du nouvel emblème. L’image accroît la suissitude de l’EPFL. Avec ses carrés blancs dans le E et le F, le logo évoque de manière à peine voilée le drapeau national, là où celui de la grande sœur zurichoise reste irrémédiablement austère et sans attache. Après que ses dépenses onéreuses pour son campus ont agité la Berne fédérale, alors que ses effectifs d’étudiants étrangers ne cessent de croître et que sa dépendance aux crédits européens devient de plus en plus criante, le «Poly» semble soudain faire du pied aux politiciens qui votent ses dodus budgets annuels – et qui devront, un jour, régler le problème avec l’UE.

Adieu, donc, au logo historique, qui respirait l’odeur d’acier de l’ingénierie des années 1960. Il reste une référence, pour connaisseurs, puisque la police choisie s’inspire de l’Helvetica Neue, apparue elle aussi à cette époque, qui reflétait le sérieux du design helvétique.

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L’héritage de Maurice Cosandey

Sur son site, l’école inaugure aussi une nouvelle agora entre le Learning Center et l’Art Lab, la longue construction dédiée aux expositions. L’endroit est baptisé place Cosandey.

Une tranche d’histoire: décédé en décembre dernier à l’âge de 101 ans, Maurice Cosandey fut le premier président de l’EPFL, de 1963 à 1978. C’est lui qui, en 1969, avait fini par convaincre la Confédération de reprendre l’Ecole polytechnique universitaire de Lausanne, et de la hisser sur la scène nationale, puis au-delà. Début d’une expansion ininterrompue.

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