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L’EPFL inaugure son bâtiment de la discorde

Dessiné par Dominique Perrault, un édifice de prestige remplace la halle mécanique. Les dépassements de budget ont créé de vives tensions avec l’instance de tutelle des EPF. De son côté, le canton propose un vaste projet de construction pour les sciences de la vie à l'Université

C’est encore une réalisation de prestige pour l’EPFL, mais le plaisir a été gâché par une polémique avec le Conseil de tutelle des écoles polytechniques. Bâti sur la base d’un volume existant, le bâtiment dit ME, dans l’ancienne halle de mécanique, a été dessiné par Dominique Perrault, auteur notamment de la Bibliothèque nationale de France et de la DC Tower de Vienne.

L’édifice frappe par ses façades animées par des charnières métalliques, en hommage au premier édifice, qui datait des années 1970 – l’architecte parle d’une «façade mécanique». Une part importante du bâtiment est destinée aux étudiants, pour des travaux pratiques, et il accueillera aussi des laboratoires du domaine de l’ingénierie.

A l’origine, en 2011, cette construction devait accueillir un centre dédié aux neuroprothèses, finalement attribué au Campus Biotech de Genève. C’est ce changement d’affectation qui a provoqué la bévue reprochée à l’EPFL. Le devis initial, de 66,2 millions de francs, a été dépassé de 23,7 millions.

Une direction critiquée pour sa lenteur

Rendant ses conclusions il y a deux semaines, le Conseil des EPF a dit «ne pas remettre en cause la légitimité du dépassement», mais il a fustigé la direction de l’Ecole pour sa lenteur à le faire connaître. L’EPFL a alerté sa tutelle en mars 2015, alors qu’elle aurait pu anticiper les nouveaux coûts au printemps 2013. Dans son enquête, le Conseil a même dit qu'il y a «présomption que les éléments objectifs constitutifs d’un faux dans les titres (faux intellectuel) commis dans l’exercice de fonctions publiques, sont réunis». L’instance a toutefois renoncé à toute action autre que des mesures administratives. L’EPFL a promis la création d’un poste de directeur général des finances dans la future équipe de Martin Vetterli, ainsi qu’un accroissement des contrôles dans les constructions.

L’expansion du campus continue

Sans suite majeure infligée par le Conseil, l’Ecole peut désormais étrenner son nouveau bijou. Celui-ci est situé non loin d’une autre création, colorée, de Dominique Perrault, et du Learning Center. L’expansion du campus ne s’arrête pas là, qu’il s’agisse de l’EPFL ou de l’Université. Cet automne, Patrick Aebischer inaugurera son ultime legs architectural, le long pavillon «Under One Roof» destiné aux interactions arts-sciences, sur la pelouse centrale de l’Ecole.

Voir: Notre infographie interactive du campus lausannois

De son côté, le Conseil d’État vaudois a annoncé mardi, pendant l’inauguration du ME, l’ouverture du concours pour un vaste bâtiment des sciences de de la vie. Il sera construit en face de l’Amphimax, et accueillera des salles de travaux pratiques ainsi que deux laboratoires de la Faculté de biologie et médecine. Le projet est devisé à 136 millions de francs.


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