Suisse

L'équipe Delamuraz reste en place, mais ne connaît pas son sort

Le nouveau chef de l'Economie avertit que des têtes vont tomber. Mais il semble préférer prendre son temps.

Sur la terrasse de la Maison de Watteville, à l'heure de l'apéritif, le soleil et le vin n'ont pas totalement réussi à réchauffer l'atmosphère d'une passation de pouvoir «aussi conventionnelle que froide», raconte un participant à cette cérémonie qui s'est déroulée à huis clos. Jean-Pascal Delamuraz venait de présenter à son successeur son état-major et les directeurs d'offices du Département de l'économie. Face à une équipe qui enchaîne depuis quelques jours les repas d'adieu sans connaître son avenir, Pascal Couchepin s'est semble-t-il limité à préciser qu'«il y aura peut-être des changements» tout en soulignant qu'il désirait prendre le temps d'en discuter avec chacun. Message à double tranchant. De proches collaborateurs du Vaudois en déduisent qu'ils doivent viser d'autres places, d'autres s'estiment rassurés.

Au niveau de l'état-major, le seul départ annoncé pour l'instant concerne Daniel Margot, fidèle parmi les fidèles. Après avoir servi Georges-André Chevallaz, ce Vaudois a suivi Jean-Pascal Delamuraz pendant quatorze ans et trois mois au titre de collaborateur personnel ou «fou du roi», comme il en sourit lui-même. Proche de l'âge de la retraite, Daniel Margot ne cache pas qu'il aspire à conserver uniquement son mandat de délégué du Conseil fédéral à l'Expo nationale. Le sort de son alter ego alémanique, Stefan Nünlist, jeune diplomate appelé en 1997 auprès de Delamuraz, apparaît nettement plus flou. Quant au porte-parole du département Yves Seydoux et au secrétaire général Claude Corbat, ils ne devraient assurer qu'un rôle de transition. Quant aux chefs d'offices stratégiques, le plus menacé reste Jean-Luc Nordmann, patron de l'ex-Ofiamt. Il n'est plus fait mystère non plus que le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Franz Blankart «approche de la retraite» et pourrait même bientôt quitter ses fonctions.

Qui Pascal Couchepin veut-il placer à ces postes clés, généralement repourvus lors de changements à la tête d'un département? Même si son style n'est pas celui du coup de balais spectaculaire, ce grand pragmatique ne débarque pas dans l'aile Est du Palais fédéral sans avoir déjà un plan de bataille. Dans son entourage, on indique qu'aucune nomination n'est encore arrêtée. Le soucis de ne pas finir avec une «garde rapprochée valaisanne» semble présent dans les discussions exploratoires. Même pour le remplacement de Daniel Margot, toutes les options restent ouvertes, en particulier un recrutement non pas à l'extérieur mais parmi les hauts fonctionnaires bernois au profil international. «Il n'a pas besoin de confidents mais de gens pointus et pragmatiques», explique un proche de Pascal Couchepin. Le seul nom qui circule déjà avec insistance est celui du journaliste Raphaël Saborit qui «ferait un excellent chef de presse.» Avant d'entrer en fonction, le Valaisan déclarait au Temps (lire LT du 18 mars) vouloir assurer «une certaine continuité» tout en appelant de ses vœux des «gens qui aient la capacité d'anticiper les événements» pour l'entourer. Des propos assez ambigus pour lui laisser le temps de mieux connaître les méandres d'un lourd département.

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