«La bouffe, le lit, c’est bien. Mais la vie ce n’est pas que ça», souffle, dépité, celui que nous appellerons Ahmed*. Arrivé à Genève il y a bientôt deux ans, le jeune homme a quitté son pays natal quand il avait à peine 14 ans. «Je suis orphelin et je n’avais pas d’avenir en Algérie», justifie-t-il en baissant les yeux. Ici, il se sent en sécurité. Partir encore? Hors de question. «Pourquoi? Pour tout recommencer?» rétorque-t-il. Puis son regard s’assombrit, il prend son menton entre ses mains, et poursuit: «J’ai déjà 17 ans et je n’ai pas de formation, pas de statut. Que va-t-il se passer quand j’en aurai 18?» Cette question, Ahmed n’est pas le seul à se la poser.