Prévoyance vieillesse

L’espérance de vie doit dicter l’âge de la retraite

Au parlement, la droite est prête à lier l’âge de la retraite à l’espérance de vie

La réforme de la prévoyance vieillesse est morte. Place à une nouvelle réforme. Indépendamment des travaux à entreprendre, l’âge de la retraite va prochainement occuper le parlement. Le conseiller aux Etats Peter Hegglin (PDC/ZG) a déposé l’an dernier une motion proposant d’instaurer un âge de référence de l’AVS lié à l’espérance de vie.

Hausse de l’espérance de vie

L’idée n’est pas nouvelle mais elle séduit la droite car elle permet de dépolitiser la question… et surtout d’augmenter l’âge de la retraite. Peter Hegglin fait le calcul suivant: lors de l’introduction de l’AVS il y a 70 ans, l’espérance de vie au-delà de 65 ans était de 12,4 ans pour les hommes et de 14 ans pour les femmes. Les progrès de la médecine, un meilleur confort de vie et des travaux moins pénibles ont progressivement augmenté l’espérance de vie. Aujourd’hui, les hommes perçoivent une rente AVS ordinaire pendant près de vingt ans et les femmes pendant près de vingt-trois ans.

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Adaptation selon le métier

Le sénateur zougois estime que l’âge de retraite de référence devrait être inférieur de 16 ans à l’espérance de vie moyenne de l’ensemble de la population. Le Conseil fédéral rejette la proposition. Il y voit plusieurs problèmes. Le marché du travail n’a pas la capacité d’absorber la main-d’œuvre plus âgée. Et il faut tenir compte des catégories socioprofessionnelles. L’espérance de vie n’est pas la même entre un ouvrier qui a travaillé dès l’âge de 16 ans sur un chantier et un académicien qui a étudié jusqu’à 30 ans.

Mais un parlement à majorité de droite porte, lui, une oreille attentive à de telles propositions. Il y a quelques années, le Parti bourgeois-démocratique a déposé une motion similaire. Elle a été acceptée en 2014 par le Conseil national grâce à une majorité formée avec les Vert’libéraux, le PLR, l’UDC et une partie du PDC. Une année plus tard, le Conseil des Etats a cependant enterré l’idée. Pas parce qu’il y était opposé mais parce qu’il ne voulait pas alourdir la réforme de la prévoyance vieillesse 2020, dont on connaît aujourd’hui le sort.

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