Sécurité

L'«espionnite» gagne de plus en plus la Suisse

Le nombre de caméras de surveillance est en croissance constante en Suisse. Pourtant, leur efficacité réelle et la garantie de la protection des données suscitent encore des débats

Caméras toujours plus présentes, logiciels qui s’affinent, données qui gonflent de manière exponentielle: la surveillance est une pratique, et une économie, en plein boom. Durant cinq jours, nous explorons certaines des facettes de cette montée en puissance de l’observation sécuritaire, avec ses zones d’ombre.

Dans les transports en commun, les communes ou les trains, les outils de vidéosurveillance sont omniprésents. Combien de caméras espionnent notre quotidien? Impossible de donner un chiffre précis sur l’ensemble du territoire suisse. La base de données centralisée n’existe simplement pas. Les estimations oscillent entre 20 000 et plus de 100 000. «Je pense que l’on se trouve plutôt autour des 30 000 caméras sur le domaine public», précise Christian Maquelin, un des responsables de Spie, une entreprise lausannoise spécialisée dans les dispositifs de sécurité.

Qu’est-ce qui explique cet attrait? Une technologie toujours moins coûteuse et toujours plus performante. Cet argument convainc l’ingénieur de métier qu’est Olivier Français, conseiller aux Etats (PLR/VD): «Par la qualité de certaines caméras, on peut aller loin dans la reconnaissance des personnes.» Ces dernières années, les progrès dans la définition des images ont permis de créer trois à quatre générations de produits par an. Sur la dernière décennie, le nombre de nouveaux produits a été multiplié par quatre. Les caméras proposent des services en matière de prévention de la criminalité et de régulation du trafic. Dans certains cas, elles peuvent être utiles pour faire rembourser des dégâts matériels par les assurances.