La politique de blocage de l'Allemagne dans les bilatérales avec la Suisse sera levé en cas de victoire du parti social-démocrate allemand (SPD) aux élections de septembre prochain. Cette formation appuie en effet le compromis négocié entre le conseiller fédéral Moritz Leuenberger et la Commission de Bruxelles. Après 16 ans d'opposition, le SPD est donné vainqueur par tous les instituts de sondage. Gerhard Schröder devrait ainsi succéder à Helmut Kohl à la Chancellerie. Autour de Moritz socialiste Leuenberger, on se réjouit d'une telle perspective. Berne semble aujourd'hui vouloir éviter de précipiter un échec dans l'attente de l'arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates.

Les Verts, qui pourraient devenir les partenaires d'une coalition avec le SPD, tolèrereraient un accord avec la Suisse. Les deux parties critiquent la politique de blocage du gouvernement actuel. Les écologistes estiment pourtant que le prix de 330 francs exigé pour le transit des camions n'est pas assez élevé. Celui-ci devrait être supérieur à 560 francs pour que l'incitation à passer au rail soit bien réelle. «Le compromis n'est pas satisfaisant», explique ainsi Gila Altmann, députée verte chargé du dossier des transports, en reconnaissant toutefois qu'un accord sur cette base est pourtant «mieux que rien». Ce compromis rend urgent l'introduction de taxes de transit dans les autres pays de l'Union européenne, estime la députée. Les Verts comptent soumettre une motion demandant l'augmentation en Allemagne de 10% des taxes sur les 40 tonnes.

Le SPD est également en faveur de l'introduction outre-Rhin d'une politique incitative de transfert de la route au rail. «La signature d'un accord avec la Suisse est d'autant plus urgente que la République fédérale doit-elle aussi introduire une taxe poids lourds», note le parti. Dans un communiqué, le parti critique la léthargie du gouvernement en place. «Le SPD attend d'un accord entre la Suisse et l'UE une impulsion pour un concept européen». Selon les députés allemands, une telle politique ne devrait pas commencer par les régions du bord des Alpes mais bien par le cœur de l'UE.

Si le SPD désire convertir les Européens au rail, il veut aussi attendrir les eurosceptiques de Suisse. Le parti note qu'un accord «permettrait de convaincre une Suisse sceptique de se rapprocher de l'UE».