Genève

L’espoir raisonnable des Verts genevois

Les écologistes genevois, tirés par leur locomotive Lisa Mazzone et la mobilisation autour du climat, visent un second siège au National et le maintien du leur aux Etats. Hormis le PDC, la droite tremble

Il est trop tôt pour fanfaronner, mais pas pour espérer. Après le raz-de-marée écologiste zurichois, les Verts genevois ont toutes les raisons d’envisager l’automne fédéral avec sérénité. Leur objectif déclaré était déjà de gagner un second siège au Conseil national et de maintenir le leur au Conseil des Etats, qu’abandonne Robert Cramer après trois législatures. «S’il devait y avoir un tsunami, on n’exclut pas de ravir un troisième siège, note Nicolas Walder, président du parti cantonal, maire de Carouge et candidat au National. Mais évitons d’être trop ambitieux à ce stade.»

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Personne ne pourra les accuser de récupérer la mobilisation des jeunes pour le climat, «puisque nous étions là bien avant, quand tout le monde s’en fichait», rappelle Nicolas Walder. «Mais avec cet arrière-fond des jeunes en marche, les Verts genevois peuvent progresser, comme lors des élections cantonales de l’an dernier, même si les cinq sièges supplémentaires étaient en partie la récupération du terrain perdu», explique Pascal Sciarini, politologue. Leur locomotive Lisa Mazzone, vice-présidente des Verts suisses et candidate aux deux Chambres, a de bonnes chances d’emporter la Chambre haute, en piste avec Carlo Sommaruga, vieille figure tutélaire du PS. Ils auront pour concurrents le duo Serge Hiltpold (PLR) et Béatrice Hirsch (PDC), candidats très solides mais moins charismatiques.

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Au Conseil national, Genève bénéficie désormais d’un siège supplémentaire. Logique, dans la douce euphorie ambiante, que les écologistes lorgnent ce douzième fauteuil. D’autant plus qu’un autre facteur joue peut-être en leur faveur, rappelle Nicolas Walder: «Depuis quatre ans, 6 à 7% de jeunes ont désormais le droit de vote, renouvelant les voix de citoyens décédés.» Si le président affirme ne pas vouloir gagner des sièges au détriment de la gauche, il pourrait tout de même bénéficier de la division des socialistes sur la RFFA.

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Fébrilité à droite

A droite règne une certaine fébrilité. Plus humaniste que son pendant alémanique, le PLR genevois est cependant peu présent sur les thèmes environnementaux. Affaibli par l’affaire Maudet, il n’est pas à l’abri de coups de crayon rageurs entre radicaux et libéraux. Pas sûr qu’il parvienne à capter la petite frange écologiste libérale, tout comme le PLR zurichois n’a pas réussi à capter les voix du PBD, qui a vu sombrer ses cinq sièges.

Le parti qui lorgne ces formations absentes du parlement cantonal est le PDC: «Si on additionne PDC, PBD, Vert'libéraux et Parti évangélique (PEV), on obtient une vraie force du centre pour influencer la politique cantonale, et pourquoi pas fédérale», calcule son président, Vincent Maitre, qui se verrait bien conquérir un deuxième siège bernois. Un optimisme singulier dans le camp bourgeois: «Le résultat des Verts zurichois nous conforte dans notre dynamique de réorientation du parti. Nous nous sommes profilés sur le climat, avec le lancement d’une table ronde, et la jeunesse PDC casse les codes.» C’est décomplexé qu’il va faire campagne, persuadé que cette métamorphose est salutaire.

Après la déculottée de l’UDC en son fief zurichois, le conseiller national genevois Yves Nidegger, lui, ne rêve pas: «A Genève, il n’y a pas de PBD à tuer et l’UDC genevoise est moribonde [elle a tout juste obtenu le quorum au Grand Conseil en 2018, ndlr]. Mais nous réalisons en général de meilleurs scores aux élections fédérales.» Mordant: «L’action de l’UDC a longtemps été élevée, mais si Nestlé perd 3%, ce n’est pas la fin de Nestlé en bourse. Alors que la frénésie autour du climat dépendra de la canicule cet été.» Entre lui, Céline Amaudruz et le MCG Roger Golay siégeant à Berne sous la bannière UDC, la droite nationaliste pourrait perdre un siège.

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