«Je suis pleine d'espoir.» Le maire de Versoix, Véronique Schmied, espère qu'une solution pour reloger les forains de la place du Molard pourra enfin être trouvée. C'est en tout cas l'objectif de la réunion du 23 janvier organisée par le Conseiller d'Etat Laurent Moutinot, chef du Département de l'aménagement, équipement et logement (DAEL). Réunion qui rassemblera toutes les personnes et milieux concernés, y compris les opposants, qui avaient lancé un référendum contre l'attribution aux gens du voyage du terrain dit des Hôpitaux et qu'ils avaient gagné.

Malgré le refus du 25 juin dernier, le conseil administratif de la commune a listé à nouveau les parcelles pouvant faire l'affaire. L'exécutif communal a ensuite soumis au DAEL différentes propositions. A ce propos, Véronique Schmied pense qu'en divisant le problème, on parviendra plus facilement à une solution. «Etant donné qu'il est difficile de trouver une parcelle assez grande, l'idée est de trouver un premier terrain pour les forains eux-mêmes et un autre pour leurs camions et remorques. Dans notre liste adressée au DAEL, nous avons recensé des parcelles communales et privées. Je ne serais d'ailleurs pas contre un échange de terrains si cela facilitait les choses.»

Le patron de l'aménagement se réjouit des propositions versoisiennes, d'autant qu'il a sollicité les autres communes genevoises sans obtenir une seule réponse positive de leur part. Laurent Moutinot devrait présenter deux variantes. «Si les projets présentés font l'unanimité, la procédure pourrait être assez rapide», précise-t-il.

Aujourd'hui, quelque cent familles vivent entassées sur un terrain exigu et insalubre qu'elles ont occupé dès 1968. Le maire en convient: l'accès aux roulottes est particulièrement obstrué. «En cas d'incendie, nous pourrions avoir de gros problèmes», avoue-t-elle. Jean-Claude Schauerjans, forain de la place du Molard, est optimiste. Son collègue Alain Bergdorf pense que la démarche du DAEL et de Versoix va dans le bon sens. «Nous avions menacé de rester sur la plaine de Plainpalais où nous tenons le traditionnel Luna Park, si le dossier n'avançait pas. Mais au vu du rendez-vous du 23 janvier, rien ne sert de semer la zizanie.»