Priorité à la réduction de la dette: aussi bien les partis gouvernementaux que la commission des finances du Conseil national ont pris position dans ce sens vendredi. Ils estiment que le bénéfice de 4,5 milliards de francs dégagé l'an dernier doit permettre d'abaisser la dette fédérale, qui dépasse les 100 milliards. Les dirigeants des partis gouvernementaux ont examiné l'état des finances dans le cadre des entretiens de la Maison de Watteville. Kaspar Villiger leur a exposé les différents projets en cours (or de la BNS, financement de l'AVS, réforme fiscale) et a insisté sur la nécessité de diminuer la dette afin de renforcer l'attractivité de la place financière.

Les partis gouvernementaux ont souscrit à cet objectif. «La discipline budgétaire doit être maintenue. Il faut constituer des réserves et faire un effort pour contenir les dépenses», explique le président du PDC, Adalbert Durrer, qui s'est fait leur porte-parole à l'issue de la réunion. La commission financière du National a, elle, fait un pas de plus. A une infime majorité, elle a décidé de mandater le Département de la défense pour qu'il étudie une variante moins coûteuse pour le projet Armée XXI. En l'état actuel, les dépenses annuelles sont estimées à 4,3 milliards de francs. La commission du National réclame l'examen d'une solution à 4 milliards. Elle fait ainsi siennes les préoccupations formulées l'automne dernier par Pascal Couchepin.

Trois piliers

Dans l'immédiat, le Conseil fédéral va pouvoir libérer le paquet fiscal que Kaspar Villiger a gelé avant Noël. Il prendra sa décision lors d'une de ses deux prochaines séances. Ce projet repose sur trois piliers. La réforme fiscale des familles prévoit d'introduire un splitting partiel pour les couples mariés et d'augmenter la déduction pour enfants. Dans le domaine de la propriété, la valeur locative et les déductions admises seront pour l'essentiel supprimées. Le troisième pilier – la révision du droit de timbre – n'ira pas plus loin que ce qui a été décidé en décembre par voie d'urgence, et privera Kaspar Villiger de 220 millions de recettes annuelles au lieu des 500 initialement prévus. Au total, ce paquet fiscal coûtera entre 1,2 et 1,3 milliard de francs.