Alors qu’une majorité de la droite combat l’initiative «Pour la protection face à la violence des armes», plusieurs sections romandes des Jeunes libéraux-radicaux (JLR) se positionnent à l’inverse pour le texte du PS, comme l’ont fait les femmes démocrates-chrétiennes. C’est le cas des JLR vaudois et fribourgeois. Présidente de ces derniers, Johanna Gapany milite pour une redéfinition des risques auxquels l’armée fait face.

Le Temps: Comment expliquez-vous cette distance par rapport au mot d’ordre général de votre parti suisse?

Johanna Gapany: Notre envie n’est pas de nous positionner contre lui. Nous nous positionnons contre les armes, car nous ne voyons pas d’intérêt à ce qu’il y en ait au domicile de chacun. Ce n’est pas une question de liberté individuelle, comme on a pu l’entendre. De notre point de vue, il est paradoxal que, à 18 ans, un jeune doive passer un permis pour conduire une voiture, mais qu’il reçoive d’office une arme. Même si la possibilité existe de laisser son arme à l’arsenal sur une base volontaire, cette distribution d’office n’est pas la bonne forme. Notre argument principal est que l’Etat n’a pas à fournir une arme à tous les jeunes citoyens. Dans la même logique, ils ne reçoivent pas automatiquement une voiture de la part de l’Etat. Alors pourquoi une arme?

– Pourquoi les jeunes auraient-ils une vision différente sur ce sujet?

– C’est une question de génération. Contrairement à celle de nos grands-parents, la nôtre ne craint pas une invasion de la Suisse par une armée étrangère. Il s’agit de redéfinir les risques nationaux et internationaux auxquels notre pays est confronté. Je pense par exemple aux risques informatiques, contre lesquels nous ne sommes pas protégés. Aujourd’hui, nous gardons des armes à domicile alors que personne ne va nous envahir demain.

– Que répondez-vous à ceux qui craignent un démantèlement de l’armée?

– Que nous ne voulons pas tout y changer, ni la supprimer. L’armée a un rôle important dans la société. Par contre, elle ne forme pas les jeunes à se défendre contre les risques de demain. Déposer les armes à l’arsenal ne va pas amener à son démantèlement. A l’exception de l’arme de service, cette initiative ne touche d’ailleurs l’armée en rien. Certains ont comme argument que l’arme à domicile est un symbole de la Suisse. C’est choquant! L’armée de milice, le chocolat ou les montres le sont peut-être. Mais une arme est créée pour tuer.