Etat trop distant: «Le droit de l'Etat d'être informé par ses représentants, tout à fait cohérent au regard des dispositions légales et de la jurisprudence du Tribunal fédéral, mais également vu la participation majoritaire de l'Etat dans la banque, n'a toutefois pas été exercé pendant de longues années par les autorités publiques du canton de Vaud.»

«Peu à peu, l'Etat de Vaud s'est ainsi démuni volontairement de tout droit de regard.»

Contrôles insuffisants: «Le fait de permettre à la Révision interne de se désintéresser systématiquement de la question de l'adéquation des provisions peut ainsi apparaître comme un dysfonctionnement révélateur d'une culture de contrôle peu développée au sein de la BCV.»

Dédain mutuel: «Si j'avais présidé (une réunion au Château avec une délégation de la banque), je crois que j'aurais interrompu la séance en priant M. Treyvaud ou bien de se tenir convenablement, ou bien de s'en aller. Il y avait une arrogance de la banque assez particulière à l'égard du Conseil d'Etat.» Audition de Claude Ruey, ancien conseiller d'Etat.

«Chaque président de division avait une demi-heure pour présenter ses buts et objectifs. Je dois dire avoir été particulièrement frustré par le manque d'attention des conseillers d'Etat à cette occasion.» Ralph Ziegler à propos d'une séance de 1997.

Faible et ignoré conseil d'administration: «Le système de nomination du conseil d'administration n'assurait pas que ses membres puissent démontrer un esprit critique et un sens de la curiosité. (Ils) étaient d'autant moins tentés d'exercer leur contrôle […] que l'incontestable charisme, voire l'autoritarisme de MM. Francis Pahud, Jacques Treyvaud et Gilbert Duchoud ont joué à plein…»

Faible et bien payée direction: «Cette absence de culture de gouvernement d'entreprise, peut-être encouragée par le monopole exercé par M. Gilbert Duchoud sur une politique de rémunération généreuse […], a contribué au développement d'une forme de pensée unique au sein de la Direction générale.»

«Durant toute la période sous revue, jusqu'à fin 2001, le Conseil d'Etat s'est fait un point d'honneur de ne rien savoir sur la politique de rémunérations.»

Générosité inconséquente: «La politique de crédit de la BCV était extrêmement téméraire, généreuse, et si la banque avait procédé aux provisionnements nécessaires, on aurait vu ressortir ce fait des comptes.» Kurt Hauri, président de la CFB.

«Au cours des auditions, il s'est dégagé le sentiment que le dividende était le seul lien entre la banque et les autorités publiques du canton.»

Le courage des autres: «J'ai beaucoup admiré l'UBS qui a eu le courage de dire qu'il y avait eu une accumulation de risques extraordinaire. Et ils ont provisionné quelques milliards. Ce qui a impliqué une perte. […] La BCV aurait peut-être dû faire cela. […] Cela demandait beaucoup de courage […] mais c'était le bon moment pour le faire.» Francis Pahud, ex-président de la BCV.