Les hôteliers suisses ne se sont pas frotté les mains en juillet. Le décompte provisoire des nuitées publié ce mercredi par l’Office fédéral de la statistique (OFSTAT) montre une baisse de 7,2% par rapport au même mois de 2011. Le recul vaut pour la clientèle étrangère (-8,8%) et helvétique (-5%).

La plus grosse perte en chiffres absolus concerne la clientèle allemande: 73 000 nuitées en moins, soit une baisse de 14%. Mais le phénomène se vérifie à l’échelle du continent (-12% en moyenne pour les visiteurs européens). Les pays du Golfe ont également boudé les hôtels suisses (38 000 nuitées perdues, soit une baisse de 26%). Mais de bonnes nouvelles peuvent venir de l’Est avec l’essor des clientèles russe (+20%), chinoise (+27%) ou japonaise (+8,5%).

Toutes les régions touristiques ont souffert de ces contre-performances. Les rives vaudoises du Léman ont accusé la perte la plus importante (54 000 nuitées en moins, soit une baisse de 17,2%). Genève essuie un repli moins douloureux de 10,4%. Le Valais limite la casse avec le plus faible recul de toutes les régions touristiques du pays: -1,6%.

Les données de juillet viennent accentuer la tendance déjà ressentie durant les six premiers mois de l’année. En comparaison avec le premier semestre 2011, l’OFSTAT avait observé un recul global de 3,7%. Les Grisons apparaissaient alors comme la région la plus touchée alors que des villes comme Zurich et Genève affichaient des scores à la hausse.

«Nous devons considérer le fait que le nombre de nuitées n’a pas encore touché le fond», a déclaré mercredi à l’ATS le porte-parole d’hotelleriesuisse Manuel Staub. La situation pourrait légèrement s’améliorer en août, mais les réservations, souvent faites dans des délais courts, ne permettent pas de pronostics sûrs.

Des mesures de réduction des coûts semblent incontournables. «Les économies pourraient signifier des suppressions de postes», déclare Manuel Staub. Une tendance que confirme Daniela Bär, porte-parole de Suisse Tourisme. «Les hôteliers sont dans une situation délicate», annonce-t-elle. La réduction des coûts dans la branche est «à la limite du supportable».