#LeTempsAVélo

Durant six semaines, plusieurs équipes de journalistes du Temps et d’Heidi.news se relaient pour parcourir la Suisse à vélo et raconter ses transformations. Suivez leur odyssée grâce à notre carte interactive et retrouvez leurs articles écrits au fil du chemin.

Vendredi 17 septembre

■ Lionel Pittet, Bâle, 11h30

L’usine à talents du FC Bâle

Arriver à Bâle par le sud, c’est petit à petit laisser derrière soi la campagne pour un contexte plus urbain. Autour des gares qui ponctuent la ligne de chemin de fer, les constructions se font plus denses. Il y a davantage d’usines. De vélos, aussi. Aux quelques promeneurs croisés jusqu’ici se substituent des pendulaires à bicyclette, ou «vélotafeurs» comme certains les appellent. Les pistes cyclables aussi se multiplient, et des espaces sous des ponts accueillent des deux-roues par centaines.

L’intérêt local pour le sport, lui, va au-delà de la pédale. Je m’en rends compte en parcourant la Grosse Allee du centre sportif Saint-Jacques, au bout duquel se dresse le stade du même nom. Le beach-volleyeur que je fus salive en admirant la douzaine de terrains de sable qui attendent leurs adeptes. Il y en a aussi pour les basketteurs et, bien sûr, pour les footballeurs. Ces vingt dernières années, le FC Bâle est devenu, à l’échelle du pays, un très grand club sportif. S’il a perdu son hégémonie nationale au profit de Young Boys, quatre fois champion depuis 2018, il demeure une place forte de la discipline.

Xherdan Shaqiri, Granit Xhaka, Yann Sommer et bien d’autres ont fait leurs armes ici, sur les terrains annexes du St. Jakob-Park. Quelques «Welsches» sont aussi venu s’y aguerrir. Certains m’ont raconté que la différence, à la grande époque, n’était pas tant la qualité des entraîneurs ou des séances mais l’esprit du club. Au FC Bâle, on ne se préparait qu’à une seule chose: gagner. En 2010, une fondation a été créée pour encadrer la relève locale. En 2013 est sorti de terre le «Campus» dont le football suisse attend que sortent ses futures stars. Je regarde les jeunes qui jouent sur l’un des multiples terrains et je me demande s’ils ressentent le poids de la responsabilité.


■ Lionel Pittet, Laufon, 10h30

«Nous avons bien caché la recette secrète»

Si je vous dis Cailler, vous pensez Broc. Nestlé? Vevey. Camille Bloch et son Ragusa? Courtelary. Oui: beaucoup des grandes marques suisses qui peuplent l’imaginaire collectif ne se départissent pas de leur ancrage territorial. Mais Ricola? Ça vient d’où, Ricola? Vous n’en savez sans doute rien. Mais vous êtes peut-être plus cultivés que moi – ce qui est bien possible. Ou, autre option, vous avez déjà rallié Bâle depuis Delémont sans emprunter l’autoroute. Car dans ce cas, vous n’ignorez pas que les fameux bonbons sont produits à Laufon. Ri-co-la, comme le yodel de la pub, c’est en fait Richterich & Compagnie Laufen.

Il y a dans ce bourg d’environ 5000 habitants le siège social et l’usine de la marque, dont 7 milliards de friandises sortent chaque année avant d’être exportées, pour 90% d’entre elles, vers 45 pays différents. En conséquence, une bonne partie des 500 employés du groupe qui s’est constitué sur la base de l’ancienne confiserie Richterich travaille ici. «Ricola est l’un des principaux employeurs de la région, et il est très apprécié», m’explique une habitante qui, comme tout le monde, connaît personnellement des employés de l’entreprise. Elle a bonne réputation pour les conditions qu’elle propose, et le fait qu’elle a su rester familiale malgré la dimension mondiale qu’elle a prise.

Je m’y suis pris un peu tard pour pouvoir visiter les installations. Mais à quelques kilomètres de Laufon, dans le charmant village de Nenzlingen, l’entreprise a installé un jardin aux herbes où il est possible de se promener librement. Le site est discret, sur les hauteurs de la petite commune, mais charmant – et labellisé bio. Je pénètre les lieux, bien décidé à percer le mystère de la recette de treize herbes qui constitue la base de chacun des 60 produits commercialisés par le confiseur. Problème: il n’y a pas que treize herbes cultivées ici, mais des centaines, dont une bonne partie inconnue pour moi.

«La recette secrète? Nous l’avons bien cachée», me glisse une dame qui jardine. Elle est l’une des deux employées du site, depuis l’an 2000, et si le boulot lui laisse quelques douleurs au dos, elle l’apprécie toujours autant. «C’est un lieu dédié aux visiteurs, qui peuvent découvrir de nombreuses plantes, explique-t-elle. Nous avons par exemple 44 sortes de menthe différentes! Mais ce que nous cultivons ne sert pas à la production des bonbons.» J’imagine bien qu’il faut un peu plus d’espace pour produire les 1400 tonnes d’herbes fraîches que Ricola transforme chaque année… Mais l’endroit est joli et le parfum, délicieux. En redescendant la colline, j’aperçois de la menthe sauvage au bord de la route, et puis un champ de fleurs en libre cueillette. Là-bas, au sud, c’est Laufon. Mais oui, vous savez: la ville de Ricola.


■ Simon Petite, Mariastein, 10h

Les moines vieillissants de Mariastein

Chacun sa route, chacun son destin. Ce matin, je laisse Lionel à ses aventures. J’ai décidé de faire un petit détour sur le chemin de Bâle. Le mode turbo sur le vélo électrique, aussi le plus consommateur d’énergie, n’est pas de trop pour franchir le Challpass – 747 mètres, pas le plus connu et le plus terrible des cols helvétiques, je vous l’accorde. De l’autre côté, on entre dans une enclave soleuroise, entre le canton de Bâle-Campagne et la frontière française. La vue est magnifique. Après quelques kilomètres, nous voici à Mariastein, agglomération tout entière dédiée à son monastère.

L’endroit est un havre de paix. La légende raconte qu’au XVe siècle un jeune garçon a été sauvé d’une chute d’une anfractuosité dominant une falaise par la Vierge Marie. C’est le début du pèlerinage. Deux siècles plus tard, des moines bénédictins venus de Soleure s’installent à Mariastein et construisent l’abbaye. Les lieux attirent 250 000 personnes par année. Un couloir parsemé de plaques exprimant la gratitude à la Vierge mène jusqu’à la grotte. Comme celle de cet aviateur bâlois, qui assure avoir été sauvé miraculeusement d’un crash le 24 janvier 1948. Les plaques viennent du monde entier.

Les moines gèrent aussi un magasin et louent un hôtel et un restaurant. Mais la moitié des 16 moines ont plus de 80 ans. Nous pourrons encore assumer nos tâches quelques années. Mais ensuite, mettent-ils en garde dans un prospectus traduit dans toutes les langues. Une association des Amis du monastère de Mariastein s’est donc constituée pour rechercher des fonds et pérenniser cet endroit unique.


Jeudi 16 septembre

■ Lionel Pittet, entre Delémont et Laufon, 18h

Sur les chemins bleus

Pour une fois, Simon et moi avons décidé de parcourir un petit bout de route ensemble. Après deux jours dans le Jura, le temps est venu de quitter Delémont et de franchir le Röstigraben en direction de Bâle, notre destination finale. Nous ferons étape à Laufon, dans le charmant canton de Baselland. Pourquoi? Pourquoi pas.

La route se fera sans Google Maps: nous ferons confiance à Suisse Mobile. L’application recense de manière pour ainsi dire exhaustive les itinéraires de mobilité douce du pays. Cela va des «panneaux jaunes» chéris des randonneurs aux voies à emprunter à rollers ou… en canoë (jamais testées pour ma part). Et puis il y a bien sûr les parcours cyclistes, dédiés aux VTT (balisés en brun sur la carte) ou aux vélos classiques (en bleu). L’app est en elle-même une invitation au voyage, avec ses tracés serpentant tout le pays: 9 «routes» au long cours, 54 «itinéraires régionaux» de plusieurs jours et autant d'«itinéraires locaux» moins chronophages permettent de découvrir des curiosités à l’envi.

Nous voilà lancés sur la première étape du parcours «Bâle-Franches-Montagnes», que nous arpentons à l’envers. La route cantonale, avec ses voitures qui klaxonnent Simon dès qu’il s’écarte de quelques centimètres de la glissière de sécurité, est vite délaissée au profit de petits chemins de remaniement dans une nature luxuriante. Nous passons devant une petite exposition de matériel militaire et le restaurant La Cantine, peu après le village de Soyhières, le dernier à parler français.

Nous arrivons à Riederwald par le Mattenweg. Désormais, les restaurants arborent des cartes de cordons-bleus aussi grandes que notre appétit, et diffusent le match du FC Bâle contre les Azéris de Qarabag en Conference League. Je me réjouis déjà de voir où les chemins bleus m’emmèneront demain.


■ Simon Petite, entre Miécourt et Delémont, 16h

Dans le Jura, les antennes poussent plus vite que les éoliennes

Il y a vingt ans, lorsque Le Temps faisait ses premiers pas, le paysage de l’Ajoie n’était sans doute pas très différent. Des champs, des vergers, des fermes et des villages qui ont gardé tout leur caractère. Je suis parti ce matin de Miécourt. Voilà déjà le clocher de Charmoille. Vous avez dit immuable? Pas tout à fait. A l’entrée du village, une antenne installée par Swisscom a poussé dans ce paysage il y a une année et demi. A côté de la flèche d’acier, une entreprise de transport. Son patron Maurice Froideveaux loue une partie de son terrain à l’opérateur. Il ne dit pas combien d’argent il touche. «Ce n’est pas ma principale motivation, assure cet ancien conseiller communal PDC. J’ai assez pesté contre le mauvais réseau au village».

Effectivement, le réseau est maintenant excellent et bien utile pour se repérer. Quelques kilomètres plus loin, après le hameau bien nommé de Malcôte, une autre antenne domine la plaine ajoulote. Le col des Rangiers, emprunté la veille par mon collègue Lionel, est en vue, et on plonge vers Delémont. A l’horizon, en revanche, point d’éoliennes. Le potentiel sur les hauts de la capitale jurassienne est pourtant identifié. Mais les projets peinent à se concrétiser. Face aux réticences de plusieurs villages, les autorités avancent prudemment. Le contraste est saisissant avec les antennes. «Rien qu’à Delémont, trois antennes sont en projet. Nous avons fait opposition», informe Nathalie Fleury, une habitante de la commune voisine de Courroux. Cette membre du collectif jurassien «Non à la 5G», créé en automne 2019, reçoit volontiers le cycliste du Temps dans sa maison, même si elle considère que le journal donne beaucoup plus la parole aux opérateurs qu’aux opposants à la 5G.

Chez elle, point de réseau sans fil. «Ma fille est hyper électrosensible. Elle ne supporte pas les ondes, qui lui provoquent de terribles maux de tête. Cette condition est très handicapante, même si elle est très peu reconnue en Suisse», relate Nathalie Fleury. Voilà qui explique l’engagement de la famille contre la 5G. L’extension du réseau à haut débit est progressive. Mais le collectif redoute que les autorités puissent adapter à la 5G les antennes existantes, sans passer par une mise à l’enquête. «La résistance augmente partout. Ce n’est pas qu’une histoire de Jurassiens qui s’opposent à tout», estime Nathalie Fleury. Il n’empêche, la tradition contestataire jurassienne est bien vivace. Ils étaient un millier lundi soir dans les rues de Delémont contre le certificat covid, première manifestation en Suisse romande depuis l’extension du dispositif par le Conseil fédéral la semaine dernière.


■ Simon Petite, Miécourt, 9h

En mémoire d’un lieutenant malchanceux

Après une bonne nuit à l’hôtel de la Cigogne, dans le charmant village de Miécourt, j’enfourche mon destrier en direction de la frontière. La veille, j’ai été intrigué sur le site de la commune de La Baroche par une photo d’une grosse pierre avec une plaque. C’est un monument en mémoire du lieutenant Walter Flury, tué pendant la Grande Guerre. Un soldat de la neutre Suisse tombé sur le champ de bataille, ce n’est pas commun. Il faut s’enfoncer une dizaine de minutes dans la forêt le long de la frontière pour arriver jusqu’au mémorial situé sur une petite butte entre les grands arbres.

Voici ce que dit la plaque installée par la commune: «Le 7 octobre 1918, le lieutenant Walter Flury, de Granges, dans le canton de Soleure, se prépare à remplir sa mission d’observation, à Miécourt, à environ 1200 mètres de la frontière allemande. Une heure plus tard, il est environ à 800 mètres du sol quand il voit venir deux chasseurs allemands, de type Albatros. Flairant le danger, il demande par téléphone qu’on le redescende immédiatement. Il est encore à 600 mètres du sol quand un des deux aviateurs ouvre le feu à deux reprises sur le ballon. La première rafale tue le lieutenant sur le coup. La deuxième détruit le ballon gonflé à l’hydrogène qui s’écrase en feu au sol». On apprend aussi que la Suisse a protesté auprès de Berlin, le ballon étant clairement identifiable avec sa croix blanche. Tué un mois avant l’armistice, le malheureux lieutenant n’aurait jamais dû être sur son ballon. Il allait partir en permission quand il a dû remplacer au pied levé un camarade tombé malade.

Sillonner l’Ajoie, c’est sans cesse flirter avec la frontière de la France toute proche. La région était stratégique pendant la Grande Guerre. En effet, les Allemands contrôlaient l’Alsace depuis 1871. La zone des trois frontières, entre la Suisse, l’Allemagne et la France, aujourd’hui à Bâle, se trouve alors à quelques kilomètres du village de Bonfol, dans le nord de l’Ajoie. C’est le kilomètre zéro du front entre la France et l’Allemagne, à partir duquel les tranchées s’étendaient jusqu’à la mer du Nord. L’armée suisse craignait alors des incursions de l’un ou l’autre des belligérants pour contourner les défenses de l’ennemi par la «saillie de Porrentruy». D’où la mission du lieutenant Flury. Une habitante de Bonfol me dit pourtant que la guerre n’a pas eu que du mauvais. La position stratégique de l’Ajoie a apporté à la région le chemin de fer. La ligne allait autrefois jusqu’en Alsace. Elle s’arrête aujourd’hui à Bonfol, et les habitants ont dû se battre pour la garder.


Mercredi 15 septembre

■ Lionel Pittet, col des Rangiers, 15h

«Franchement? Moi je ne le ferai pas»

Il y a des fusils-mitrailleurs aux rafales moins rapides que les mots de Maël. Sur tous les sujets, ce pompier de Porrentruy pense et parle vite. Mais quand je lui dis que je compte partir à l’assaut du col des Rangiers, il marque un temps d’arrêt. Il pleut dru sur le Jura, «et ça grimpe, hein, c’est un vrai col», dit-il finalement. Et précise: «Les gens roulent comme des dingues! Et puis après ça descend fort aussi, avec la route humide… Franchement, moi, je ne le ferai pas. Mais amuse-toi bien! Au pire, tu appelles, je viendrai te chercher…» Je raconte l’anecdote à Simon, qui rigole – Simon rigole souvent – et me glisse qu’une personne avait décliné sa demande d’entretien en vue d’un article parce qu’elle se trouvait «de l’autre côté des Rangiers». Je commence à me dire que l’obstacle a réellement quelque chose d’infranchissable.

Le col, qui culmine à 856 mètres d’altitude, a longtemps été un point de passage important. A l’est, c’est le chef-lieu Delémont, où l’on aime le football. A l’ouest, l’Ajoie et Porrentruy, où l’on préfère le hockey. Il y a encore Saint-Ursanne au sud, mais j’ignore quel sport y a la cote. Des deux côtés, des enseignes fatiguées de «Relais» renvoient à l’époque où les galeries souterraines de l’A16 n’avaient pas encore rendu facultatif le transit par ces hauteurs.

Aujourd’hui, il faut avoir quelque chose à faire aux Rangiers pour y passer. Cela fait de leurs routes larges et bien entretenues un petit paradis (moto-) cycliste, qui plus est désert en ce mercredi humide. Il n’en va pas de même le week-end et quand il fait beau. Au sommet, le restaurant a dressé une cantine garnie de tables en bois et de multiples tireuses à bière pour accueillir les visiteurs. «Les retraités, notamment, adorent venir ici, par exemple pour les événements barbecue», renseigne une serveuse. Qui remarque mon casque et mon t-shirt mouillé. «Quoi?! Vous êtes à vélo?» Décidément… Mais je vous rassure: je finirai par arriver sans mal – ni peine, grâce au moteur de ma bécane – à Delémont.


■ Simon Petite, Hauts de Porrentruy, 14h

Au pays des vergers d’appellation contrôlée

Après un excellent repas syrien, je fausse compagnie à mon acolyte Lionel qui part se frotter au col des Rangiers. Pour ma part, en montant depuis Porrentruy en direction du nord, je m’arrête «Ô Vergers d’Ajoie». Point de hasard dans cette halte. Ce temple consacré à la damassine compte un fidèle parmi la rédaction du Temps. Le propriétaire des lieux, Alain Perret, est un fils de paysan qui faisait des céréales et de l’élevage. Lui s’est spécialisé dans l’arboriculture, avec une prédilection pour la culture d’une prune, nommée damasson rouge, qui donne la damassine. Pour se diversifier et attirer des groupes dans sa ferme, il a ouvert un musée de la distillation. Des alambics qui dormaient dans une cave de Delémont sont exposés. Puis, en 2018, il a inauguré un magasin flambant neuf avec des produits du terroir et des eaux-de-vie suisses.

L’entrepreneur a aussi été président de l’interprofession de la damassine. Il s’est démené pour créer une appellation d’origine contrôlée (AOC) pour l’eau-de-vie. Des années de bataille juridique jusqu’au Tribunal fédéral, pour obtenir gain de cause en 2010, relate-t-il. Car, qui dit AOC, dit forcément oppositions. En effet, seuls les producteurs jurassiens – à peu près 80 exploitations – peuvent utiliser l’appellation. «Quand on a fait des sondages, les gens associaient spontanément la damassine au Jura. Ce n’est pas un terme générique comme la raclette, qui désigne un plat», justifie l’Ajoulot.

Au fil du chemin: A Porrentruy, l’odyssée d’une famille syrienne de Damas au Damasson

Les ventes ont-elles augmenté grâce à l’AOC? «Cette longue bataille nous a fait de la publicité. Les ventes progressent mais c’est un produit de niche», répond Alain Perret, philosophe. Il reste bien du travail pour faire davantage connaître la damassine au-delà les frontières du Jura. Avant de retourner à son magasin, il pose à côté d’un prunier baptisé du nom de l’ancien procureur tessinois Dick Marty, nommé premier ambassadeur de la damassine. «Dans une interview, il avait déclaré préférer l’eau-de-vie jurassienne à la grappa. J’ai sauté sur l’occasion!», dit Alain Perret.