Une catastrophe. C’est ainsi que le PLR qualifie les résultats du jour. Avec 26 000 voix, Hugues Hiltpold se place en troisième position, loin derrière Lisa Mazzone et Carlo Sommaruga qui raflent les deux sièges genevois au Conseil des Etats. Davantage encore que la défaite, c’est l’absence de progression qui inquiète le parti bourgeois. Les 13 000 voix de retard du premier tour sont toujours là, la remobilisation tant espérée n’a pas eu lieu. Le taux de participation, estimé à 30,84%, est encore plus faible qu’au premier tour où il atteignait 36%.

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La droite genevoise sort affaiblie d’une campagne compliquée au cours de laquelle l’affaire Maudet a pesé de tout son poids. «Nous avons perdu la confiance de certains électeurs, reconnaît Simone de Montmollin, récemment élue au Conseil national, il s’agit à présent de trouver des solutions pour reconquérir le terrain perdu.» Pour le député Pierre Conne, le diagnostic est plus inquiétant encore: «Notre parti semble être en décalage avec les préoccupations de la population, une profonde remise en question s’impose.» Faute de quoi, le parti «ira droit dans le mur».

Politique environnementale de droite

L’ancien président du parti, Alexandre de Senarclens, partage cette analyse. «Dans une campagne où le climat a occupé tout le terrain, notre virage environnemental, bien que sincère, a pu paraître opportuniste, estime-t-il. Il y a pourtant bien de la place pour une politique environnementale de droite qui ne rejette pas la croissance de manière idéologique.» Avec la victoire du ticket rose-vert, vient aussi la crainte de voir des sénateurs moins consensuels que les précédents siéger à Berne. «Carlo Sommaruga et Lisa Mazzone ne devront pas oublier qu’ils représentent les intérêts de Genève, avant ceux de leurs partis», prévient Pierre Conne.

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Les dissensions internes et l’absence de vision commune sont aussi évoquées pour expliquer l’échec de la droite bourgeoise. Sur les plateaux, le duo de l’Entente a souvent donné l’impression de jouer deux partitions séparées. À l’heure des résultats, c’est le sens même de l’alliance qui est remis en question. «Aujourd’hui, elle n’a plus lieu d’être, estime Béatrice Hirsch, qui termine quatrième avec 21 600 voix. Plus grave encore, elle est mal comprise par les électeurs qui nous sentent divisés sur de nombreux sujets, notamment l’Europe.» La frilosité du PDC s’était déjà exprimée en mai dernier au moment de finaliser les alliances. À l’avenir, le PDC fera-t-il cavalier seul ou s’alliera-t-il avec le centre? «Tout reste ouvert», répond Béatrice Hirsch.

L’Entente en péril

La droite perd si elle part divisée. Alors que le PLR Olivier Français fête sa victoire dans le canton de Vaud, l’adage résonne de manière douloureuse à Genève. Sans alliance large, les voix de droite se sont, une fois encore, dispersées, entre le ticket de l’Entente et celui de l’UDC Céline Amaudruz, cinquième avec 21 045 voix. Au grand dam des jeunes PLR et UDC qui avait appelé à la droite à s’unir, excluant, de fait, le PDC. Le comité directeur du PLR se réunira mardi pour discuter, entre autres, de la survie de l’Entente.