■ EUROPE

Italie

De nombreuses réactions positives sont notamment provenues d’Italie. «Même la patiente Suisse s’est fatiguée de l’expansion de l’immigration et de l’islam», a dit Maurizio Gasparri, président du groupe du Peuple de la Liberté (PDL, le parti de Silvio Berlusconi) au Sénat italien. Même son de cloche chez le ministre italien de la simplification administrative, Roberto Calderoli, membre du parti populiste et xénophobe de la Ligue du Nord. «De la Suisse nous parvient un signal clair: oui aux clochers, non aux minarets», a-t-il déclaré à l’agence ANSA.

France

Le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand s’est interrogé sur la nécessité de construire des minarets pour pratiquer l’islam. «Je préfère qu’on ait des lieux de culte officiels, reconnus, pour qu’on ait un islam de France plutôt que d’avoir la pratique de religion dans des endroits qui seraient clandestins», a-t-il dit lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. «Est-ce qu’on a forcément besoin de minarets pour le faire? Ça, je n’en suis pas certain», a-t-il ajouté.

De son côté, interrogé par la radio RTL, le ministre des Affaires étrangères du plus grand pays musulman d’Europe a dit espérer que la Suisse puisse revenir «assez vite» sur cette décision. «Si on ne peut pas construire de minarets cela veut dire qu’on opprime une religion», a insisté Bernard Kouchner. «C’est pas grand chose quand même! Est-ce que c’est une offense dans un pays de montagne qu’il y ait une construction un peu plus élevée? Est-ce que ça désigne le ciel, un ciel qui serait hostile? Espérons qu’ils reviendront là-dessus».

Allemagne

La victoire des anti-minarets dans un référendum en Suisse dimanche relève d’une peur de l’islamisation du pays qui existe aussi en Allemagne et qui doit être «prise au sérieux», estime lundi un responsable du parti de la chancelière Angela Merkel, la CDU. Critiquer la décision suisse serait contre-productif, avertit Wolfgang Bosbach, responsable de la commission des affaires intérieures du Parlement, dans le quotidien «Berliner Zeitung». Ce résultat traduit la peur d’une islamisation de la société, et «cette crainte doit être prise au sérieux», a-t-il ajouté.

Pays-Bas

Cette votation «montre encore une fois que les gouvernements ne veulent pas voir ce que ressentent les gens», renchérit le député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. Heureux de cette «excellente nouvelle», il a annoncé à la Radio suisse italienne (RSI) qu’il demanderait la semaine prochaine au gouvernement des Pays-Bas d’organiser un référendum similaire.

Danemark

La cheffe du parti du peuple danois, Pia Kjaersgaard, veut elle aussi déposer au parlement une initiative en faveur d’un référendum contre la construction de minarets.

Autriche

L’extrême droite autrichienne est elle aussi satisfaite. Le chef du Parti de la liberté (FPÖ), Heinz- Christian Strache, a salué «un signal clair contre l’islamisme radical». Un avis partagé par le BZÖ, le parti de feu Jörg Haider. Le vote des Suisses «confirme» une décision similaire prise il y a deux ans par la Carinthie, s’est félicité le gouverneur de ce Land alpestre, Gerhard Dörfler (BZÖ). La liberté de religion ne doit pas permettre «que des édifices non chrétiens […] soient bâtis», a-t-il dit. Le secrétaire général du BZÖ, Martin Strulz, veut désormais que la loi sur l’aménagement du territoire soit adaptée pour interdire la construction de minarets dans toute l’Autriche. A ses yeux, l’acceptation de l’initiative helvétique montre «très clairement» que la population ne veut pas des minarets.

■ ASIE

Alors que l’Indonésie est le plus grand pays musulman du monde, la principale organisation musulmane du pays, qui représente 40 millions de croyants, a dénoncé lundi le résultat de la votation, y voyant un signe de «haine» et d’«intolérance» vis à vis de l’islam, selon le chef de la Nahdlatul Ulama (NU), Maskuri Abdillah, à l’AFP. «C’est vraiment regrettable». Le responsable a cependant appelé les musulmans d’Indonésie à «ne pas réagir avec excès». Il les a appelés a montré «leur tolérance et leur attachement à la liberté de culte». «Il sera cependant difficile d’éviter qu’ils ne manifestent pour exprimer leur mécontentement. Mais nous les appelons à le faire pacifiquement», a-t-il ajouté.