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Des manifestations contre la hausse des taxes d'études se sont déjà produites en 2016 à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. 
© LAURENT GILLIERON

Formation

Levée de boucliers à Fribourg face aux taxes universitaires

Les étudiants s’organisent pour protester contre l’augmentation annoncée des taxes d’études à l’Université de Fribourg. A l’heure actuelle, elles sont déjà les plus chères de Suisse romande

A l’Université de Fribourg, les étudiants s’organisent pour protester contre la hausse annoncée des taxes semestrielles. Pour se faire entendre, l’Association générale des étudiant-e-s de l’Université de Fribourg (AGEF) a déjà agendé via Facebook une manifestation le 9 novembre prochain. Preuve que le sujet préoccupe: plus de 5500 personnes ont déjà signé une pétition partagée mi-octobre. Elle incite les étudiant-e-s, leurs proches et les professeurs à demander que l’accès aux études reste «un droit fondamental, ouvert à toutes et à tous».

Cette mobilisation fait suite à l’annonce, début octobre, de la décision du rectorat d’augmenter les frais d’écolage au semestre d’automne 2018. Le Conseil d’Etat est désormais chargé du dossier. La mise en place de cette taxe impliquerait une hausse de 200 francs, soit un semestre à 855 francs au lieu des 655 francs actuels, estime l’AGEF.

Lire aussi:  A 40 ans, ils retrouvent les bancs de l'université

Astrid Epiney, la rectrice de l’Université de Fribourg, évoque le développement de l’institution pour justifier une telle majoration. «Ce financement servira à un meilleur encadrement des étudiants, à la relève scientifique, ainsi qu’au renforcement des services pour la communauté universitaire», explique-t-elle.

Jeunesses de partis solidaires

Les étudiants opposés à la démarche ont reçu le soutien de différents partis comme les Jeunes UDC (JUDC), la Jeunesse socialiste fribourgeoise (JSF) et les Jeunes démocrates-chrétiens (JDC). Dans un communiqué, ces derniers disent craindre une perte d’attractivité de l’institution. Les étudiants germanophones risqueraient de lui préférer l’université voisine de Berne, «possédant plus de moyens et plus d’infrastructures», affirment les JDC fribourgeois.

Ils soulignent également que «l’Université de Fribourg a déjà les taxes d’études les plus hautes de Suisse romande». En effet, on est loin des 500 francs que demande l’Université de Genève. Quant à Neuchâtel et Lausanne, elles restent sous la barre des 600 francs. L’Université de Berne fait certes moins bien avec 784 francs, mais pour combien de temps?

Financement du canton

La contribution du canton est un autre point de discorde. Le coprésident de l’AGEF, Jean-Thomas Vacher, avance le problème d’un investissement insuffisant de Fribourg pour son université. «Le rectorat force alors la main aux étudiants en les obligeant à payer.»

Autre son de cloche du côté de la rectrice. Elle estime que l’augmentation du financement du canton, qui devrait passer de 95 à 109 millions d’ici à 2022, ne devrait malgré tout pas suffire. «Une participation des étudiants au développement de l’université semble donc justifiée», déclare-t-elle. «Le nouveau montant sera supportable pour les étudiants. Il sera comparable à ce que demandent les universités de Berne, Lucerne, ou Bâle. Nous conserverons aussi la possibilité d’exonération de taxes pour les étudiants ayant des difficultés financières.»

Investissement ou bien public?

Une partie du corps professoral s’oppose aussi au projet, estime un des enseignants de l'université voulant conserver l’anonymat. Ce dernier critique fortement le manque de consultation. «La décision a été prise unilatéralement par le rectorat. Sans discussion avec les professeurs, ni les doyens.» Une question de fond se pose aussi: l’éducation doit-elle être un bien public ou un investissement personnel? Pour ce professeur, cet épisode fait partie d’un mouvement de fond dans lequel «l’Etat se désengage de sa mission première, qui est d’assurer un service d’éducation publique». Il craint également que cette hausse en appelle d’autres dans le futur.

Effet domino

Jean-Thomas Vacher souligne une tendance généralisée à la hausse des taxes dans l’enseignement supérieur. «Bâle, Zurich et les EPF prévoient également des hausses», affirme-t-il. Fin septembre, le Conseil des Ecoles polytechniques fédérales (EPF) a en effet déjà assuré son soutien à une augmentation de la taxe annuelle de 500 francs sur les sites de Lausanne et Zurich.

Lire aussi: L’EPFL veut doubler ses taxes d’études dès l’année prochaine

Interrogée sur le sujet, la coprésidente de l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES), Line Magnanelli Moret, pointe du doigt la volonté politique de la droite au parlement. «C’est une tendance généralisée. Dans un contexte de mesures d’austérité, on veut reporter une partie de la responsabilité du financement public des études sur les étudiants.» Néanmoins, il ne semble pas que d’autres projets d’augmentation soient imminents, estime la représentante étudiante.

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