Lundi, le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) organise une rencontre internationale à Genève à laquelle participeront 29 Etats, dont la Suisse. Ces jours en effet, l'Office fédéral des réfugiés «travaille à des concepts» pour lever l'admission collective provisoire des Kosovars, explique Urs Hadorn, délégué spécial du Conseil fédéral pour les réfugiés du Kosovo. Cette décision, du ressort du gouvernement, sera prise lors de cette rencontre en concertation avec les Etats européens et le HCR. «Un retour immédiat de tous les réfugiés n'est ni réaliste ni souhaitable. L'échelonnement des départs permettra d'éviter le chaos sur place», souligne Urs Hadorn. En revanche, à l'entendre, l'admission collective provisoire ne se justifie plus car l'impraticabilité des renvois pour cause de guerre sur place n'est plus avérée.

D'ailleurs, depuis la fin de la guerre, les Kosovars qui arrivent en Suisse ne bénéficient pas de l'admission collective provisoire, relève Urs Hadorn, mais ils suivent la procédure d'asile normale, avec enregistrement, dépôt d'une demande d'asile, décision fédérale, voie de recours et délai de départ en cas de réponse négative. Qui a pris cette décision et quand? Au service de presse de l'ODR, on n'a pas de réponse et l'on admet qu'il y a là une épine dans le pied de l'office. En fait, l'ODR croule sous les demandes et ne compte plus les dossiers en souffrance. S'ajoute encore l'incertitude quand à la date d'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l'asile, qui prévoit explicitement le statut de réfugié de la violence. Que fera la Suisse? Quel statut donnera-t-elle aux Kosovars arrivés avant la guerre et après sa conclusion? Ces questions restent en suspens, nimbées d'un certain flou juridique, admet-on à l'ODR.