Afin d'améliorer l'accueil des passagers toujours plus nombreux à l'Aéroport International de Genève (AIG), des travaux de transformations sont en cours. Il s'agit du plus grand chantier du canton, a rappelé hier le conseiller d'Etat François Longchamp, par ailleurs également président du conseil d'administration de l'AIG, lors de la conférence de presse des résultats de l'exercice 2007.

La première étape du nouveau plan directeur 2007-2015 de l'aéroport est en cours de réalisation. Elle prévoit l'augmentation de la capacité du terminal principal, l'amélioration du flux et du confort des passagers, l'intégration des contraintes liées aux Accords de Schengen et l'aménagement de 13 postes de contrôles de sûreté centralisés.

Quelque 80 millions d'investissements annuels

Quelque 67 millions de francs ont été investis l'an dernier et le rythme des travaux devrait encore s'intensifier avec des dépenses de l'ordre de 80 millions par an ces prochaines années pour poursuivre le chantier. «Le volume des investissements a doublé en deux ans, a expliqué François Longchamp. On attend les limites de ce qu'il est possible de supporter pour le personnel et les usagers, sachant que l'aéroport doit continuer à fonctionner 365 jours par année.»

Le visage du terminal principal devrait être complètement modernisé, grâce à l'utilisation de nouveaux matériaux. Un nouveau restaurant sera construit sur le toit de l'actuel bâtiment, dont l'ancien restaurant sera transformé en salle d'attente pour les passagers. Tous les bars et autres établissements seront transformés, cinq opérateurs se partageant les concessions de restauration.

Le nouveau balisage lumineux de la piste est installé de nuit, lorsque le trafic aérien est interrompu. Un grand hangar pouvant accueillir 14 avions d'affaires sera construit par la société GVA Airpark. Pour faire face à la croissance de l'aviation d'affaires, le hangar principal et les bureaux de la société TAG Aviation seront également agrandis et rénovés.

Ces travaux, actuellement en cours de réalisation, seront complétés dès 2010-2011 par la deuxième phase du plan directeur, à savoir la construction d'une aile Est de l'aéroport, avec de nouvelles salles d'embarquement.

«Tous ces investissements permettent de rattraper le retard pris dans la modernisation des infrastructures et d'absorber la croissance du nombre de passagers, a expliqué le conseiller d'Etat François Longchamp. Mais ils n'assurent pas l'avenir à plus long terme.»

Une réflexion a donc été engagée pour construire un nouveau terminal, vraisemblablement sur l'emplacement de l'ancienne aérogare. Ce bâtiment, «modérément rénové pour accueillir des vols charters» selon les termes du magistrat, doit être transformé en profondeur et complètement modernisé pour permettre à l'AIG de franchir le «saut générationnel» qui s'impose à lui.

Ces aménagements seront-ils suffisants pour faire face à la croissance du trafic aérien? D'aucuns estiment qu'une deuxième piste d'atterrissage est indispensable. Un argument que réfute vivement François Longchamp: «Notre faiblesse n'est pas la présence d'une seule piste, mais l'accueil des passagers, les transferts, le traitement des bagages.» Selon lui, d'autres aéroports d'une capacité plus importante que Genève se contente d'une seule piste. Du reste, la construction d'une deuxième piste n'est tout simplement pas réalisable sur le territoire actuel de l'aéroport de Cointrin.

D'autres voies sont également explorées, comme une éventuelle collaboration avec les aéroports d'Annecy (lire ci-dessous) et de Payerne. Ces installations pourraient éventuellement accueillir une petite partie de l'aviation privée, mais ne pourront en aucun cas décharger le trafic de ligne de l'AIG.

Faire face aux nuisances pour les riverains

Si l'augmentation du trafic aérien démontre la vigueur de l'économie régionale, reste que la multiplication des vols n'est pas sans conséquences pour les habitants proches de l'aéroport. «L'AIG a toujours réussi à gérer ses relations avec les riverains, précise le conseiller d'Etat. Nous veillerons qu'il en soit toujours ainsi à l'avenir. Du reste l'accroissement du nombre de passagers supérieur à celui du nombre de mouvements sur l'aéroport est un signe positif: il montre un meilleur remplissage des avions, ce qui a un impact positif sur l'environnement.»

En revanche, de plus en plus de monde se plaint des hélicoptères qui sillonnent le ciel genevois. A cet égard, le magistrat annonce que des mesures sont actuellement à l'étude et qu'une stratégie sera présentée prochainement afin de limiter les effets néfastes de ce trafic sans rapport avec le nombre de passagers transportés.