Les pieds au mur, le Conseil administratif (exécutif) de la Ville de Genève a entamé, mercredi soir, la séance extraordinaire du Conseil municipal consacrée à l'échec de la candidature du Casino de Genève à une concession fédérale. Naufrage qui a débouché sur la fermeture de la maison de jeu le 26 juin dernier et sur le licenciement de 57 employés.

Par la voix du conseiller administratif de l'Alliance de gauche Christian Ferrazino, l'exécutif s'est surtout évertué à désigner des coupables. Comme l'administrateur délégué, qui «porte une lourde responsabilité […] notamment en raison de la confusion des intérêts qu'il a entretenue». Ou encore le Conseil d'Etat de l'époque, qui a non seulement soutenu davantage le projet de la Romande des Jeux «au détriment du dossier de la Ville de Genève», mais aussi imposé la collaboration de la Société touristique, thermale et hôtelière (STTH) de Divonne pour assurer la gestion technique de l'établissement.

Christian Ferrazino ne s'est pas privé de critiquer l'attitude du Conseil fédéral pour expliquer la débâcle du casino genevois. «La position du Conseil fédéral a été très ambiguë dans l'octroi de concessions, favorisant manifestement les projets privés.» Mais pas un mot sur le conseiller administratif et maire de Genève, André Hediger, pourtant considéré par tous les partis, hormis l'Alliance de gauche, comme le principal responsable du naufrage. D'autant qu'il occupait la fonction de président du conseil d'administration de la Société d'exploitation du casino (SECSA).

Après presque deux heures de débat, le maire a pris la parole pour souligner ses propres mérites dans la gestion du casino, pour laquelle il «a sacrifié de nombreuses vacances». Tout en avouant que la mentalité des casinotiers est particulière. «Je ne la connaissais pas, mais elle montre que les casinos sont un véritable panier de crabes.» Dans son intervention, le maire communiste a également dénoncé le «chantage du Conseil d'Etat», qui lui a imposé une collaboration contre nature avec la STTH.

Membre de la commission d'enquête Casino, le radical Pierre Maudet a manifesté son étonnement devant l'attitude de l'exécutif de la Ville. «C'est un peu tard pour désigner des lampistes», a-t-il déclaré avant de dénoncer la culture du secret que le Conseil administratif a cultivée dans ses rapports avec la commission ad hoc. Il s'est néanmoins félicité d'apprendre mercredi soir que le Conseil administratif s'associe à l'information pénale ouverte par le procureur général Daniel Zappelli, notamment pour gestion déloyale.

La socialiste Sandrine Salerno a mis en lumière les diverses responsabilités tout en rappelant la lourde responsabilité d'André Hediger qui a dépassé ses prérogatives. Des critiques qui pourraient bien saper les chances de réélection d'André Hediger, candidat à un cinquième mandat au sein de l'exécutif. En fin de séance, les conseillers municipaux ont accepté un projet d'arrêté visant à prohiber aux membres de l'exécutif de siéger à des charges importantes au sein de conseil d'administration ou de fondation.