médiation

L’exécutif de Vevey dans la tourmente

La municipalité sollicite l’Etat de Vaud pour trouver une issue à ses difficultés de fonctionnement. L’ambiance au sein du collège serait exécrable

La municipalité de Vevey annonçait mardi avoir demandé une médiation au canton. Ceci, afin de «résoudre des difficultés rencontrées par le collège exécutif depuis plusieurs mois». Le rôle de médiatrice reviendra à Clarisse Schumacher Petoud, préfète du district de Lausanne au bénéfice d’une «formation spécifique en la matière».

Dans un bref communiqué, l’exécutif communal a déclaré avoir lui-même saisi le Département des institutions et de la sécurité. Ce genre d’appel à l’aide n’est «pas fréquent», selon le chancelier de l’Etat de Vaud, Vincent Grandjean, «encore moins pour une ville de cette taille». Le canton intervient plutôt dans des villages de moindre importance que dans une ville de près de 20 000 habitants, souligne le porte-parole du Conseil d’Etat. Comment la ville en est-elle arrivée là?

Tensions récurrentes

La situation est notoirement tendue dans l’exécutif communal, qui s’apprête à relever les impôts de trois points sur fond de crise financière. Plusieurs motifs en seraient la cause: à la tête d’un collège formé de deux membres de «Vevey libre» (VL), un PLR et un socialiste, la syndique verte Elina Leimgruber aurait tout d’abord de la peine à imprimer son autorité. «Il manque quelqu’un de charismatique pour prendre le lead», déplore un député de droite qui désire garder l’anonymat.

La politicienne n’aurait toutefois pas non plus la partie facile, entourée d’un gouvernement qui serait peu réceptif à la collégialité. Les membres de «Vevey Libre» sont particulièrement pointés du doigt: «Jérôme Christen (VL) va dans le sens du vent et Michel Agnant (VL) est incapable de prendre une décision», confie le même député. Un parlementaire de gauche atteste également de la difficulté de travailler en exécutif avec les membres de ce parti, dont le slogan annonce «Vevey Libre: politiquement dégagés».

Outre une brochette de personnalités complexes, la dispersion importante du spectre politique du Conseil communal – qui compte sept partis – est également très difficile à gérer, souligne un conseiller municipal.

«Mettre son ego de côté»

Chef de groupe PLR au Conseil communal veveysan, Patrick Bertschy salue malgré tout la requête de médiation auprès du canton, qui représente selon lui «un bon début». Pour qu’elle soit menée à bien, le politicien suggère désormais une «remise en question générale» et la «recherche d’une cohésion au sein du collège». Il serait selon lui également profitable que chacun mette «son ego de côté» pour «revenir à l’essentiel et aller de l’avant».

Une tâche qui s’annonce complexe puisque, selon nos sources, Michel Agnant et Jérôme Christen auraient – sans succès – mobilisé un avocat pour tenter de bloquer la distribution du communiqué de presse de ce mardi. Qui n'est d'ailleurs pas signé par tous les membres du Conseil d'Etat.

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