Pas besoin d'une loi fédérale pour créer des zones où la vitesse est limitée à 30 km/h. Depuis 1993, la Ville de Neuchâtel a créé sept zones de ce type, qui englobent une trentaine de rues résidentielles. Tout a commencé dans la banlieue, à Serrières, et cela à la demande des habitants. En 1994, quatre autres zones ont été inaugurées en ville et une récemment dans le secteur des Favarges. Parcage alterné, portes à l'entrée des zones limitées pour en marquer l'entrée, revêtement routier différent: tout est mis en œuvre afin de freiner les voitures et de faire comprendre aux automobilistes qu'ils entrent dans une rue spécifique. Malgré tout, les excès de vitesse sont nettement plus nombreux que sur les routes normales: 15 à 20% d'infractions, contre 7-8% ailleurs.

Mesures d'accompagnement

A Neuchâtel, les zones 30 km/h dépendent du premier-lieutenant Michel Dubois, qui œuvre au sein de la police locale. Si le 30 km/h est appliqué dans les quartiers résidentiels, cela n'a rien à voir avec les «zones résidentielles» où le 20 km/h est la règle et où les enfants peuvent jouer au football sur le bitume. En fait, les zones 30km/h sont des routes comme les autres où la vitesse est limitée. «Evidemment, elles ne se conçoivent pas sans mesures d'accompagnement, sinon les gens rouleraient de la même manière», note Michel Dubois. C'est dire que les obstacles sont nombreux et que, malgré leur présence physique, le radar enregistre beaucoup de dépassements de vitesse.

Mais l'essentiel n'est pas là. L'important, c'est de savoir que la Confédération a lâché du lest au début des années 90. «Auparavant, explique le premier-lieutenant, créer une zone à 30 km/h n'était pas facile. Il fallait procéder à une étude sur le trafic, déterminer le nombre de camions qui empruntaient la rue, etc.» Aujourd'hui, les autorités locales ont les coudées plus franches, mais elles doivent demander la sanction de leur projet par l'autorité cantonale, sans omettre de consulter la population.

Comités de quartier

«A Serrières, des comités de quartier s'étaient constitués pour réclamer des zones à trente. Pour le secteur des Favarges, près d'être mis en service, nous avons envoyé près de 300 questionnaires aux habitants et nous avons reçu quelque 70 réponses.» Toutes n'allaient pas dans le sens d'une limitation, mais la majorité l'emportait. C'est ce qu'on appelle le 30 km/h librement consenti en fonction de la situation locale, et sans obligation fédérale.