Le Temps: Comment réagissez-vous au double retrait de cette semaine?

Nelly Wenger: Je sais ce que c'est que de gérer une entreprise. Mais lorsqu'on prend un engagement, on le respecte, surtout dans le cas d'un groupe qui porte dans son propre nom celui de la Suisse. Je trouve cette attitude très faible et peu élégante.

– Attendez-vous quelque chose de l'intervention de Pascal Couchepin?

– Ce qui est important, c'est qu'il soit intervenu, et qu'il ait pris l'initiative de le faire tout de suite, quelque soit le résultat de sa démarche. Pour le reste, il faut attendre.

– Dans le cas contraire, Expo.02 pourrait-elle préfinancer ces deux projets?

– Non. Nos règles de financements internes ne prévoient pas que nous venions au secours d'un projet assuré qui serait abandonné.

– Craignez-vous que ces deux désistements ne donnent des idées à d'autres sponsors?

– Non. D'abord, ces deux départs n'ont rien en commun, si ce n'est les difficultés financières des entreprises concernées. Par ailleurs, beaucoup de nos partenaires sont conscients du rôle symbolique qu'ils ont à jouer, au-delà des question financières. Et je sais qu'ils réaffirmeront leur soutien.

– Craignez-vous pour le moral des troupes à l'Expo?

– Absolument pas. Je dois avouer une certaine fierté de ce côté-là. Je récolte les fruits de longs efforts destinés à souder l'équipe et à faire en sorte que cette cohésion soit capable de résister au choc. Nous restons convaincus que l'Expo se fera. Il y a des difficultés à affronter, mais ce ne sont que des épisodes dans l'aventure que nous vivons.

– Les problèmes de liquidités semblent réglés. Mais il reste peu de marge du côté de la garantie de déficit. Cela vous inquiète-t-il?

– En réalité, ce prêt de la Confédération ne change rien au montant de la garantie de déficit. Au lieu des banques, c'est elle qui nous fait crédit. Mais nous ne devions de toute façon pas toucher aux 360 millions de la garantie avant les comptes finaux. Autrement dit, il n'y a aucun lien entre ce qui nous est prêté d'une part, et ce qui sera prélevé de la garantie de déficit au final.

Propos recueillis par A.W.