Politique

L'expulsion d'un de ses membres divise le PS genevois

Manuel Alonso Unica, candidat au Grand Conseil, est exclu par la section du parti en Ville de Genève pour «dénigrement» envers ses camarades. La décision provoque des tiraillements à l'interne

Manuel Alonso Unica, candidat socialiste au Grand Conseil genevois, est exclu du PS. Sans donner son nom, la section du parti en ville de Genève a annoncé la sanction mardi matin par communiqué. Elle lui reproche la «mise en cause publique» des dirigeants du parti, des attaques personnelles voire des menaces, des propos sexistes et un «problème de dénigrement» envers des camarades, explique le coprésident du PS de la ville de Genève Sylvain Thévoz. La décision est susceptible d'un recours auprès du parti cantonal.

Manuel Alonso Unica s’était fait remarquer pour deux raisons au moins, expliquait Le Temps dans un récent article. Il avait adressé au Grand Conseil une pétition contre les amendes infligées aux propriétaires de chiens. Surtout, il s’en était aussi pris systématiquement à ce qu’il appelait «l’aile droite» du parti.

Lire aussi: Menaces de purge au Parti socialiste genevois

«Les sociolibéraux commencent à me dégoûter… Des copains placés à de bons postes grâce à la méthode copinage… J’ai mis les pieds dans une section qui mérite du nettoyage au Karcher, surtout depuis le haut!», expliquait Manuel Alonso Unica sur son blog.

Selon nos informations, la décision s’est prise lundi soir par 22 voix contre 16. L’impulsion décisive en faveur de l’exclusion a été donnée par un groupe de militant proche de Sandrine Salerno, candidate au Conseil d’Etat, convertie de fraîche date au social-pragmatisme, dont la section de la ville de Genève est le bastion. «Le parti est complètement déchiré, ce fut un psychodrame hier soir», indique un cadre du parti qui a assisté aux débats. 

Lire aussi: Sandrine Salerno, deuxième essai

A l'intérieur du parti, la décision provoque même l'opposition ouverte de certains ténors. «Je m'oppose publiquement à l'expulsion de Manuel Alonso, déclare ainsi le vice-président du PS cantonal Romain de Sainte-Marie. Je pense qu'en année électorale, alors que le PS est déjà divisé, nous ferions mieux de rester unis que d'expulser des membres. Une médiation avait été proposée, en arriver là aujourd'hui est une erreur.» 

Publicité