Magistrat chargé de la Sécurité, Pierre Maudet pensait pouvoir économiser près de 7 millions de francs chaque année en confiant certaines missions (convoyages et surveillances de détenus) au secteur privé. Jeudi soir, le Grand Conseil en a décidé autrement. Par 51 voix contre 45, le Parlement a balayé cette proposition que lui soumettait le Parti libéral-radical. Car même si «tous les cantons romands à l’exception du Jura externalisent déjà certaines tâches pénitentiaires» dixit le député Pierre Conne (PLR), la gauche et le MCG ont estimé que qu’il revenait à un personnel assermenté – de police ou du pénitentiaire – de mener à bien ce qu’ils considèrent comme des tâches «régaliennes». La nouvelle loi prévoit un délai transitoire de cinq ans devant permettre au canton de mettre fin aux contrats qui le lient à des entreprises de sécurité privée, en l’occurrence Securitas.

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Par ailleurs, une autre majorité a imposé aux nouvelles recrues du personnel pénitentiaire, l’obligation de s’affilier à la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG). Comme il l’avait annoncé en cas de refus de leur amendement d’externalisation, le PLR a soutenu cette proposition des Verts. Les écologistes jugent opportun de soutenir une CPEG financièrement malmenée par l’afflux de sang neuf plutôt que de continuer de faire adhérer les nouveaux gardiens au sein de la Caisse de pension de la police (CP), plus avantageuse et en meilleure santé. Quant aux gardiens qui sont déjà affiliés à la CP, le libre choix de rester ou de partir leur a été accordé.

Nationalité suisse obligatoire pour exercer des missions pénitentiaires

En parallèle, un autre projet de loi connexe visant à repousser fermement la «menace» de la privatisation a été finalement renvoyé en commission. Un peu plus tôt, l’UDC, le MCG et le PLR avaient réussi à imposer à ce que la nationalité suisse soit exigée pour exercer des missions pénitentiaires, agents de sécurité publique compris. Le geste de trop pour une majorité du plénum qui a préféré que le texte soit réétudié.