Une explosion de faible puissance a endommagé jeudi matin le sous-sol d’un hôtel de luxe à Davos (GR), un jour après le début du Forum économique mondial (WEF). Personne n’a été blessé. Seuls des dégâts matériels mineurs ont été relevés dans le sous-sol de l’hôtel. Etaient notamment visés les conseillers fédéraux invités dans la capitale grisonne: selon la Chancellerie fédérale, ils ne se trouvaient pas dans cet hôtel et leur sécurité n’a à aucun moment été menacée.

L’attaque a été revendiquée sur le site Indymedia par le groupe «Perspective révolutionnaire», coutumier de ce type d’action symbolique contre des cibles représentant l’Etat ou le capitalisme. Il affirme avoir déposé «deux engins pyrotechniques» prévus pour se déclencher le jeudi à 6h du matin, afin «d’épargner les employés qui devaient ensuite servir les seigneuries de la politique et du capital».

Mais en réalité, la déflagration s’est produite peu après 9h, alors que la police était déjà en train de fouiller «discrètement» les lieux. Les forces de l’ordre avaient en effet été alertées vers 7h30 par la rédaction du quotidien gratuit «20 Minuten», qui avait reçu un message de revendication.

L’explosion a légèrement endommagé une pièce située au sous-sol de l’établissement, destinée au stockage de marchandises. Elle a entraîné un dégagement de fumée et des vitres ont volé en éclats, selon la police grisonne.

Le local qui contenait les explosifs est également accessible par l’extérieur. Il est toutefois censé être verrouillé durant le WEF. La police grisonne a refusé d’indiquer comment des inconnus ont pu déposer des explosifs dans un hôtel de luxe pourtant surveillé. Le Ministère public de la Confédération a ouvert une enquête.

Les auteurs présumés de l’attaque sont apparemment les mêmes que ceux qui ont voulu commettre un «attentat» contre l’Université de St-Gall, dans la nuit de mardi à mercredi. Ces derniers avaient, par erreur, déposé leurs prétendus explosifs devant le siège voisin de l’assurance Helvetia. Le bâtiment avait dû être évacué.

Les activistes ont en outre affirmé avoir saboté le chauffage de l’hôtel en versant du sucre dans la citerne à mazout, «afin que le vent froid des montagnes souffle tôt ou tard dans les oreilles des conseillers fédéraux». Le groupe dit avoir visé l’hôtel Morosani parce qu’il abriterait, outre les membres du gouvernement, «les représentants d’UBS».