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L’extrême gauche vaudoise lance Jean-Michel Dolivo pour le Conseil d’Etat

Le représentant de la gauche radicale est le premier candidat déclaré pour la succession de Pierre-Yves Maillard au gouvernement vaudois. Du côté du PS, Stéphane Montangero laisse la place à Rebecca Ruiz

Le premier candidat officiel au Conseil d’Etat pour tenter de reprendre le siège du socialiste Pierre-Yves Maillard, fraîchement élu à la tête de l’Union syndicale suisse, est sorti du bois jeudi. L’extrême gauche vaudoise a désigné le député d’Ensemble à gauche (EàG) Jean-Michel Dolivo, 67 ans et avocat.

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La coalition, qui réunit Solidarités, Décroissance Alternatives et Solidarité & Ecologie, veut proposer une «réelle alternative à gauche». Elle critique «la politique néolibérale» du Conseil d’Etat à majorité de gauche, menée par le duo PS-PLR de Pierre-Yves Maillard et Pascal Broulis. «C’est l’occasion de créer une rupture à la gouvernance actuelle et de donner un cran d’arrêt au creusement des inégalités sociales», déclare le candidat désigné.

Pas de sang neuf, mais un bagage

Dans les priorités de Jean-Michel Dolivo: les revendications féministes telles que la grève du 14 juin 2019, la défense des droits des migrants face aux renvois forcés, la mobilité douce, avec gratuité des transports publics, et un salaire minimal cantonal dans les secteurs privé et public (4500 francs net par mois).

Pourquoi ne pas lancer un candidat plus jeune pour mener ces combats et apporter du sang neuf? «Il fallait quelqu’un avec de l’expérience et un bagage de connaissances pour que la candidature soit crédible, répond Franziska Meinherz, de Solidarités Vaud. Les dernières élections ont montré que c’était le candidat qui récoltait le plus de voix.»

Le POP fait cavalier seul

Même si ses chances d’obtenir le siège sont modestes, Jean-Michel Dolivo se défend d’être un candidat alibi: «C’est une candidature de lutte. Notre programme politique répond aux besoins de la population, nous voulons porter ses préoccupations au gouvernement», a-t-il argué en évoquant la situation française et la révolte des «gilets jaunes».

Le POP, qui fait partie d’Ensemble à gauche, n’a pas répondu présent pour l’instant. Il reproche à EàG de ne l’avoir informé ni de la création de la coalition ni du candidat. Il souhaiterait une candidature féminine ou plus jeune. EàG rétorque que le POP a décliné les nombreuses invitations. «Mais nous espérons vivement qu’il nous rejoigne», a souligné Jean-Michel Dolivo. En revanche, le POP fera cavalier seul pour les élections fédérales.

Rebecca Ruiz peut faire son entrée

Du côté du PS, Stéphane Montangero, ancien président du parti cantonal, a annoncé jeudi qu’il ne se présenterait pas à la course au Conseil d’Etat, «après mûre réflexion et malgré les nombreuses sollicitations qui l’ont beaucoup honoré». Il appelle la conseillère nationale socialiste Rebecca Ruiz à se porter candidate, «la meilleure carte» selon lui, notamment par ses connaissances des dossiers de la santé.

Appel entendu: la jeune femme tient vendredi une conférence de presse lors de laquelle elle devrait divulguer son intention de briguer le siège de Pierre-Yves Maillard. Stéphane Montangero se met en revanche à la disposition de son parti pour obtenir un fauteuil au Conseil national à l’automne 2019.

A l’autre bout de l’échiquier politique, la droite n’a pas encore lancé de candidat officiel. Néanmoins, le député UDC Philippe Jobin a fait savoir qu’il se tenait à disposition pour tenter de faire revenir le parti au gouvernement vaudois, où il n’est plus représenté depuis la mort de Jean-Claude Mermoud en 2011.

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