Mercredi prochain, les présidents américain et russe arpenteront les allées fraîchement goudronnées du parc La Grange pour se rendre à la villa du même nom, évitant soigneusement la pelouse, sous les yeux du monde entier. Difficile d’imaginer qu’il y a encore 80 ans, des vaches paissaient tranquillement dans l’herbe, alors à l’état de prairie, de ce parc historique de 20 hectares, cédé à la ville de Genève par le riche bienfaiteur William Favre en 1918.

Comme la plupart des autres parcs légués par des privés, celui de La Grange était auparavant un domaine agricole. «Ces espaces ont émergé au XVIIIe siècle et se sont progressivement embellis en fonction des fortunes de leurs propriétaires pour devenir des jardins», détaille Claire Méjean, architecte-paysagiste et historienne des jardins au Service des espaces verts de la ville de Genève. Des jardins d’abord «réguliers», soit avec des tracés géométriques, puis «paysagers», à la mode au XIXe siècle.