Les mesures de la pollution au mercure sont un vrai casse-tête

Haut-Valais Les analyses commandées par Lonza ne détectent pas toutes les parcelles polluées, révèlent deux associations

Jeudi, Médecins en faveur de l’environnement (MfE) et le WWF ont une fois de plus critiqué les investigations conduites par Lonza sur la pollution au mercure dans le Haut-Valais. Pour eux, «les analyses de Lonza ne peuvent en aucun cas servir de base fiable pour la décision d’assainissement». Cette conclusion découle de nouvelles analyses de terre réalisées par les associations dans trois jardins qualifiés par Lonza de faiblement pollués et ne nécessitant pas d’assainissement. Or, les associations ont découvert dans deux des trois jardins des pollutions supérieures au seuil d’assainissement.

La pollution au mercure est un véritable casse-tête. Les boues contaminées du Grossgrundkanal ont été déplacées pendant plusieurs décennies, parfois en des endroits très localisés, parfois sur de plus grandes étendues. La dissémination et la concentration des polluants sont difficilement prévisibles. «L’entreprise BMG AG, mandatée par Lonza, a généralement analysé la pollution des parcelles sur une surface de 10 mètres par 10 mètres et jusqu’à une profondeur de 40 cm. Aucune analyse du mercure n’a été menée hors de cette surface choisie au hasard», expliquent les associations. Suite à ces investigations, 239 parcelles ont été classées dans la catégorie faiblement polluées. «Il faut faire plus d’analyses pour tenter de garantir que les mesures soient représentatives de la réalité», estime Martin Forter, directeur de MfE. «Et s’il n’est pas possible de garantir cette représentativité scientifique, alors il faut le dire très honnêtement et en toute transparence, de sorte qu’une décision en connaissance de cause puisse être prise.»

Problème d’hétérogénéité

MfE et le WWF avaient aussi démontré, début avril, que les sols haut-valaisans ne contenaient pas seulement du mercure mais aussi de nombreux polluants organiques jamais pris en considération dans les recherches de Lonza. Un groupe de scientifiques indépendants, mandatés par l’Etat pour l’aider à résoudre le problème du mercure, avait aussi souligné que les mesures du méthylmercure étaient insuffisantes. Aujourd’hui, les associations et les propriétaires de parcelles polluées demandent à l’Etat du Valais que les investigations soient gérées par un conseil d’experts indépendants.

L’Etat du Valais est conscient de ce problème d’hétérogénéité de la pollution. Il mène des études à ce sujet avec l’aide des trois experts indépendants précités. «Nous avons créé une plateforme d’échange entre les associations, les propriétaires de parcelles, Lonza, les communes et l’Etat du Valais. La prochaine réunion aura lieu à la mi-mai et les questions soulevées par MfE et le WWF seront abordées ce jour-là», précise Cédric Arnold, chef du Service de protection de l’environnement de l’Etat du Valais.