Politique familiale

L’heure du congé parental a sonné

Le comité pour un congé paternité de quatre semaines se satisfait du compromis de dix jours approuvé par les Chambres pour faire place à une initiative plus ambitieuse en faveur d’un congé parental

Le comité pour un congé paternité de quatre semaines a décidé de retirer son initiative, à la condition toutefois que la proposition de compromis des Chambres, soit un congé de deux semaines, ne fasse pas l’objet d’un référendum. «C’est un premier pas dans la bonne direction», a souligné son président Adrian Wüthrich. Mais les 180 organisations de la société civile qui ont soutenu l’initiative ne comptent pas en rester là. Elles tablent désormais sur un congé parental qui oscillera entre 20 et 30 semaines à se répartir entre les deux parents.

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«Un premier succès»

Le comité d’initiative a choisi la voie de la raison. Si le congé paternité de deux semaines entre en vigueur en juillet 2020, comme il le souhaite, alors il s’agit déjà d’un «premier succès d’étape». «Il faut en effet se souvenir d’où l’on vient», a rappelé le président de Pro Familia, Philippe Gnägi. Jusqu’en 2016, le parlement avait rejeté une trentaine d’interventions. Et lorsque l’initiative a rapidement abouti, le Conseil fédéral l’a balayée sans même daigner y opposer un contre-projet. «Voilà deux ans, il n’y avait pas encore de majorité pour les deux semaines. C’est grâce à l’initiative que nous avons pu faire bouger les choses», constate Philippe Gnägi.

A quelques exceptions près, la majorité des associations se sont ralliées au retrait de l’initiative. Son maintien aurait été risqué. «Il aurait été difficile de gagner face à une opposition composée de trois des quatre partis gouvernementaux», a estimé Adrian Wüthrich. Personne n’a oublié la votation du printemps 2013 sur l’introduction d’un article constitutionnel sur la famille, nécessitant la double majorité. Le peuple l’avait approuvée à 54%, mais 13 cantons l’avaient rejetée. «Or, une défaite sur un congé paternité de quatre semaines aurait constitué un coup d’arrêt pour la politique familiale», a encore souligné Philippe Gnägi.

Casser les rôles traditionnels

En revanche, ce premier succès permet d’enchaîner sur une nouvelle initiative beaucoup plus ambitieuse, quant à elle. De larges milieux l’admettent désormais: dix jours de congé pour le papa, c’est certes beaucoup mieux qu’un seul, comme le prévoit le Code des obligations. «Mais cela ne suffira pas pour casser les rôles traditionnels du père et de la mère au sein de la famille», a insisté Maya Graf, la coprésidente de la faîtière des associations féminines Alliance F. Dès lors, tous les espoirs reposent sur un congé parental dont la durée n’est pas précisée, mais qui dépassera les 20 semaines.

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Lors du débat au Conseil national, les propositions ont fusé dans ce sens, allant de 28 semaines pour les Vert’libéraux aux 52 semaines de la Verte argovienne Irène Kälin. Le PSS, de même qu’une fondation spécialisée dans la récolte de signatures électroniques ont annoncé réfléchir à une telle initiative.

Ce mercredi, personne n’a voulu citer le moindre chiffre sur la durée de ce congé parental. «Mais nous devrons nous mettre d’accord sur une seule proposition», a noté Adrian Wüthrich. Voilà un an, la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF) a prôné un congé de 38 semaines. «Si ce n’est pas possible d’aller aussi loin, nous proposons un congé de 24 semaines, soit 8 semaines pour la mère, 8 pour le père et 8 à se répartir entre les deux parents», déclare pour sa part Patrick Robinson, le porte-parole de la coordination romande des organisations paternelles.

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