Commentaire

L'heure du déblocage

Oui au compromis sur la mobilité et à la traversée du lac: finies les guerres de chapelles entre pro- et anti-voiture, les Genevois veulent des solutions réelles

Une page s’est tournée dimanche à Genève, où la guerre des transports faisait jusque-là figure de sport cantonal. En plébiscitant dans le même geste le principe d’une traversée autoroutière du lac et le contre-projet œcuménique à l’initiative jusqu’au-boutiste des Verts en faveur des transports publics, les Genevois le disent: au temps des querelles idéologiques doit succéder celui du pragmatisme fertile.

Qui a perdu? Les Verts qui, dans une logique symétriquement stérile à celle des ayatollahs de l’automobile, pensaient pouvoir imposer ici et maintenant l’utopie du tout collectif. Les Genevois leur ont opposé un principe de réalité: oui, la voiture doit céder la priorité, mais non, elle ne va disparaître pour autant.

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Qui a gagné? Tous ceux qui, derrière leur volant, au guidon de leur vélo, d’un tram à l’autre ou entre deux bus, désespèrent de se déplacer de plus en plus péniblement. C’est-à-dire tous les Genevois. Leur message, martelé à deux tiers des suffrages: la mobilité douce doit retrouver ses droits dans un hypercentre autour duquel les voitures, elles, pourront évoluer plus librement.

Passé ce constat enthousiasmant, ne nous y trompons pas: la décongestion attendra. La traversée du lac est (très) loin d'être faite et la mise en oeuvre de la «loi pour une mobilité cohérente et équilibrée», relèvera de la haute voltige. Mais dès la prochaine échéance (au hasard, un projet concret de pont ou de tunnel), les parties historiquement si promptes à se haïr ne pourront plus ignorer le message du 5 juin: une volonté d'harmonie exprimée sans équivoque. 

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