C’est toujours difficile à imaginer. Un ministre en exercice qui prend place sur le banc des prévenus. Pourtant, ce scénario deviendra réalité la semaine prochaine à Genève avec l’ouverture du procès de Pierre Maudet, accusé d’avoir accepté des cadeaux qui suintaient fort le réseautage. Sauf surprise covidienne, le conseiller d’Etat, son ancien chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne, les hommes d’affaires Magid Khoury et Antoine Daher, ainsi que l’ancien directeur du Service de police du commerce Raoul Schrumpf, seront au centre de toutes les attentions. L’affaire du voyage d’Abu Dhabi – et ses scories – qui met la République en ébullition depuis bientôt trois ans va enfin connaître son premier épilogue judiciaire. Plusieurs facteurs diminuent toutefois la pression autour de ce rendez-vous et laissent augurer des débats moins électriques que prévu.

Notre éditorial: Pierre Maudet, les enjeux essentiels du procès