C'est presque devenu une affaire d'Etat. Le 31 octobre, le premier coup de pioche du chantier du pont de la Poya va être donné à Fribourg, devant une foule d'invités de marque. Lesquels ne manqueront pas de chanter les vertus de l'ouvrage, dont la construction permettra de désengorger les quartiers historiques de la cité des Zaehringen.

La date confirmée, les invitations partent aux médias, chargés de retranscrire l'événement. C'est alors qu'éclate le coup de tonnerre. La presse cantonale, furieuse, vilipende le Service des ponts et chaussées (SPC), organisateur de la manifestation. C'est que le moment retenu tombe mal. Le lendemain, 1er novembre, c'est la Toussaint, et les journaux ne paraissent pas ce jour-là en pays catholique...

Dans ses petits souliers, le SPC se creuse la tête, aborde les autres médias pour voir si, par hasard, ils ne pourraient pas retenir l'information, et finit par trouver cette solution: un point de presse est fixé le 29 octobre, pour présenter les étapes du projet. Le premier coup de pioche est pour sa part maintenu la veille de la Toussaint, car il n'est plus possible de décommander les hôtes.

Cet épisode rocambolesque laisse à penser qu'il existe une malédiction des cérémonies officielles en Suisse romande. Qu'on en juge. Le 18 septembre, le M2 lausannois était inauguré en grande pompe en présence de Moritz Leuenberger. Le hic, c'est qu'en raison de problèmes informatiques, le métro ne sera mis en service que le 27 octobre, si tout va bien. Et que dire du LHC, l'accélérateur de particules du CERN? Son inauguration aura lieu le 21 octobre, en dépit de la panne survenue le 19 septembre à cause d'une connexion électrique défectueuse. Le LHC ne redémarrera qu'en 2009. Quant au pont de la Poya, le coupé de ruban est prévu pour la fin 2012. Le jour de Noël?