«How to spend it», le supplément luxe du prestigieux Financial Times, consacre sa couverture de janvier aux igloos en polyester conçus par la Vaudoise Sofia de Meyer. La photo de une présente un panorama alpin enneigé avec au centre le «Whitepod» (le nom officiel de cet igloo synthétique) d'où s'échappe, de la cheminée, une phrase: «Dome sweet dome».

A l'intérieur du magazine, l'article de deux pages précise que ces sortes de tentes, chauffées au bois, éclairées au pétrole et aménagées «cosy», sont situées à 1500 mètres d'altitude «près du village traditionnel de Villars».

Il y a de quoi se demander si le texte et les photos ne datent pas un peu. Car en janvier 2005, les cinq igloos ont été bannis de la station vaudoise. Installés dans une zone destinée à devenir un périmètre naturel protégé, les dômes n'avaient pas obtenu les autorisations nécessaires, provoquant l'ire du conseiller d'Etat Jean-Claude Mermoud.

Cet hiver, les «Whitepod» ont trouvé refuge en Valais, sur la commune de Monthey, plus précisément dans le hameau des Cerniers. En réalité, la journaliste du FT s'est bel et bien rendue en Valais, il y a deux semaines. «Elle savait très bien qu'elle se trouvait à Monthey et non à Villars, explique Sofia de Meyer. Mais elle a mentionné la station vaudoise, car ce nom est très connu des Anglais, ce qui n'est pas le cas de Monthey», raconte la jeune entrepreneuse, submergée, depuis la parution de l'article, par des appels provenant d'Angleterre.

A Monthey, Sofia de Meyer a peu modifié son concept d'hébergement écotouristique, qui vient d'obtenir l'Award 2005 du tourisme responsable. Il y a désormais six igloos à proximité d'un chalet où les hôtes se restaurent de produits du terroir pour 205 francs la nuit.